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Journal KapSud de la Mauritanie
Auteur kapsud
Source KapSud
Publication du 06/02/2004 pour Internet
Modifi� le 28/07/16
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Arrivé à Ceuta

 

Le 5/01/04 

Nous démarrons tôt par le passage de la frontière marocaine. Rien à voir avec celle de Ceuta, c'est beaucoup plus sommaire. Presque une heure après, nous passons le dernier poste de contrôle marocain, c'est facile à savoir car la route goudronnée s'arrête juste après : bienvenue en Mauritanie ! 

Un peu plus loin, nous prenons la vieille route goudronnée construite du temps des Espagnols qui est tout simplement infernale pour atterrir au poste frontière mauritanien où nous retrouvons un douanier qu'on avait rencontré ici en 2002 et qui espérait être muté ailleurs. On discute, c'est sympa. Visas en poche nous attaquons les autres formalités (assurance, change) toujours sur place car nous avons fait appel à un guide que nous connaissions déjà : Mohammed Arturo. Il s'est chargé de tout. Cela nous évite ainsi de se farcir l'aller retour jusqu'à Nouadhibou. Il nous conduit jusqu'à la voie ferrée. C'est maintenant que notre voyage en Mauritanie commence, enfin ....

 

5/01/04 - 6/01/04

Nous entamons notre premier itinéraire en Mauritanie sous le soleil mais avec pas mal de vent comme il se doit dans cette région, la température est agréable, sans plus. Nous allons longer la voie ferrée sur laquelle passe le train le plus long du monde sur environ 440 km pour obliquer ensuite sur Atar. Cette voie ferrée a été créée pour acheminer le minerai de fer des mines à ciel ouvert de Zouerate jusqu'à Nouadhibou pour être ensuite chargé sur des bateaux. Ce minerai de fer est une très importante ressource pour le pays.             

la Baie du Lévrier en fond premières roues de Totoy dans les dunes

Petit à petit, l'ambiance du désert se fait sentir. Mais ce qui nous surprend par la suite c'est toute la végétation bien verte que nous voyons partout. C'est vraiment inhabituel. 

les prairies du désert exemple de reliefs

 

La piste que nous suivons est ensablée et de temps en temps nous roulons sur du sol plus dur tout en gardant des yeux la voie ferrée. Nous faisons un stop au village du PK222 (point kilométrique de la voie ferrée) où nous rencontrons un infirmier à qui nous laissons quelques médicaments et nous poursuivons notre route. Nous ne croisons pas grand monde. Quelques troupeaux de dromadaires ou de chèvres. De temps en temps, on aperçoit les tentes blanches des nomades. Cette fois-ci on aperçoit le train qui arrive de l'est au milieu de ce nulle part. C'est le train le plus long du monde et pour cause j'ai compté 112 wagons.


le "petit" train du désert

Le lendemain on progresse toujours assez facilement dans le sable à notre grande surprise. On ne perd pas trop la piste sauf quand on doit traverser des villages. C'est beaucoup moins dur qu'en mai 2002 et c'est tant mieux. Nous approchons des monolithes de  Ben Amira, village au PK393

les "droms" en liberté paysage minéral et pour une fois végétal

Nous avons rendez-vous avec Cheik Habib que nous avions rencontré en 2002 et qui nous avait donné un raccourci pour rejoindre Atar sans passer par Choum . Cette fois-ci encore nous bénéficions de sa gentillesse car il nous fait visiter le site de Ben Amira et des sculptures modernes réalisées par des artistes du monde entier, sises aux alentours. Ben Amira est le deuxième plus gros monolithe du monde (après Ayers Rock son grand frère qu'on ira voir dans quelques mois). Il est entouré d'autres monolithes très imposants aussi dont Aicha, une originalité de la nature. 

Ben Amira avec les tentes des nomades et les droms autour de Ben Amira

l'eau est là mais attention à ses pièges

Au passage, nous avons la confirmation que le pays a connu des pluies exceptionnelles cette année, mettant ainsi fin à une sécheresse de plus de cinq ans. On se ballade au milieu de ces enchevêtrements de pierre et de sable. C'est vraiment une halte très enrichissante.

Ce n'est pas un mirage, tout simplement de l'eau Pause déjeuner, le soleil sort

Après la dernière grosse difficulté du parcours constituée par la traversée d'un erg de sable très mou avec herbes à chameau à franchir, nous quittons notre chère voie ferrée pour nous diriger vers les montagnes de l'Adrar. Une autre facette du désert de Mauritanie s'offre à nous.

PK 420, le long de la voie ferrée Premier contact avec l'Adrar

L'Adrar est une région de Mauritanie dont la capitale est Atar, très touristique à l'échelle du pays bien sûr. C'est une région où se marrient la montagne et le sable dans des combinaisons parfois très étonnantes. Nous bivouaquons dans une superbe vallée et profitons pleinement du nouveau type de paysage que nous venons de rencontrer : plaine garnie d'herbes hautes blondes ou petites touffes vertes avec des acacias disséminés un peu partout, on se croirait dans la savane. 

Mercredi 7 Janvier 

Le paysage est devenu  beaucoup plus rude ainsi que la piste de montagne très rocailleuse. Heureusement les touffes d'herbe nombreuses agrémentent ce monde très minéral. Nous retombons ensuite sur la piste principale, superbe large piste de tôle ondulée qui nous mène jusqu'à Atar après avoir traversé les passes de la chaine montagneuse : on ne peut pas tout avoir. 

A l'entrée d'Atar, on se fait enregistrer au poste de police, comme à chaque fois dans les grandes villes de Mauritanie. Départ pour la mythique ville de Chinguetti par la nouvelle piste qui nous permet de franchir assez vite les 70 kilomètres qui nous séparent. Visite pour Jean-François et Babé qui ne connaissent pas encore les charmes de cette ville sainte alors que nous en profitons pour travailler !

 Par contre, pour le retour, nous passons par la piste superbe de la passe d'Amoggiar et de Fort Sagane. C'est en effet ici qu'a été construit pour les besoins du film "Fort Saganne" le fort du même nom. Nous avançons dans des canyons très hauts dans lesquels parfois le sable ocre vient s'accumuler sur les flancs.

Nous rejoignons Atar où le bivouac du rallye Paris - Dakar s'est installé et le moins que l'on puisse dire c'est que ça attire du monde autant dans les populations locales que chez les touristes qui ont fait le voyage jusqu'ici pour l'occasion. La nuit tombe et il y a très peu de concurrents encore arrivés. Par contre Vattanen lui fait une arrivée retentissante et sa voiture à laquelle il manque carrément la roue avant gauche, crache des gerbes d'étincelles que personne ne peut ignorer ! Ca rappelle pas mal de souvenirs à David et à son père qui ont participé aux éditions 1998 et 2000. Pour l'instant le virus ne les reprend pas encore où du moins, ils le cachent bien

 

Jeudi 8 Janvier 

Tandis que je tente vainement de mettre le site web à jour depuis le cybercafé local, le reste de l'équipe fait les ravitaillements complets d'usage : Objectif Rachid, au dessus de Tidjikja par la piste Atar - Tidjikja, mais ce n'est pas celle de l'étape du Dakar, uniquement sur la fin. 

Malgré un démarrage assez fastidieux, nous nous retrouvons enfin sur la bonne voie. Le ciel est couvert de nuages et il y a beaucoup de vent ce qui donne une atmosphère vraiment particulière. La piste traverse tantot des plateaux rocailleux, tantot des étendues planes et dures avec des arbustes et des touffes d'herbes comme végétation. Ensuite les choses se compliquent car nous devons franchir un massif dunaire avec des cordons très prononcés et le vent a forci et c'est limite tempête de sable, bien sûr il n'y a plus aucune trace de piste. Nous sommes obligés de traverser au cap et finalement on arrive à se sortir de ce piège petit bout par petit bout en franchissant la passe de Zarga pour retomber sur une zone de plateaux montagneux qu'on est vraiment content de trouver. 

Vendredi 9 Janvier 

Les paysages sont relativement monotones, mais un superbe massif dunaire à franchir, vient rompre cette monotonie. A force de reconnaissance à pied et de réflexion, nous venons de nouveau à bout du sable et nous offrons une halte au village perdu de Ain Ec Cefra. Le vent toujours très présent nous dissuade d'aller visiter son oasis. Nous poursuivons sans difficultés particulières et c'est en fin d'après midi que nous arrivons à l'oasis superbe de Taoujafet et sa guelta. L'ocre du sable contraste avec les roches noires de la montagne enclavée et le vert intense des palmiers. Après un passage un peu trialisant parmi les roches en questions, nous faisons face à la dernière grosse difficulté du parcours, la dune de 400 mètres de Taoujafet. En plus, le Dakar est passé par ici hier, et la montée de la dune est tout simplement labourée par tous les passages des véhicules ce qui complique notre tâche. Mis à part quelques "stoppages" et non plantages, on s'en sort comme des chefs et c'est avec délectation qu'on roule maintenant dans l'oued Rachid avec ses abords magnifiques et surtout les nombreuses populations de nomades accompagnés de leurs troupeaux de chèvres ou de dromadaires. Bref, idyllique.

L'arrivée à Rachid est un peu trop "chaleureuse" après tant de solitude, et comme par manque de temps de nos amis Jean-François et Babé nous avons décidé de poursuivre jusqu'à Tidjikja, c'est un petit peu plus loin que nous bivouaquons.

Samedi 10 Janvier 

Nous avons entendu des véhicules passés cette nuit avec un bruit de moteurs qui ne laisse aucun équivoque : des retardataires du Dakar mais Tidjikja n'est pas très loin.  (une quinzaine de kilomètres). Nous aussi nous prenons du retard, en effet, en suivant les traces du Dakar, nous nous laissons embarqués dans une zone de jardinage monumental. La piste est ensablée mais surtout de plus en plus de pierres plus ou moins grosses viennent en barrer le passage. Nous tombons sur un couple de français qui a renoncé la nuit tombée à aller plus loin par contre ils ont vu pas mal de concurrents passer et repasser devant leur voiture. On continue à avancer péniblement, on fait du 10 km/heure maximum. Quand on voit le chantier dans lequel on s'est fourré on comprend mieux pourquoi. De nombreuses pierres sont cassées ou portent les traces d'un passage forcé d'un véhicule. Au bout d'une bonne heure, n'ayant pas progressé vers Tidjikja, on fait demi-tour jusqu'au dernier endroit ou tout allait bien : l'oued. et finalement on y retrouve la bonne piste et on arrive enfin à Tidjikja accompagnés du couple de français, Thierry et Virginie, eux aussi victimes du "tournage en rond". 

La ville a bien changé, le goudron a fait son apparition. Nous allons à la station pour faire les pleins comme d'habitude. On y rencontre beaucoup de monde lié au Dakar et on y entend des commentaires pas très encourageants : Etape Tidjikja - Néma infernale, problème de sécurité avec les 2 étapes suivantes annulées. Thierry et Virginie se joignent à nous, car eux aussi sont intéressés par faire Tidjikja - Néma sachant qu'ils veulent être à Dakar pour l'arrivée bien sûr. Nous on va à Matmata qui sera notre dernier itinéraire avec Jean-François et Babé ( et oui il y en a qui travaillent ). 

C'est en milieu d'après midi que nous atteignons le virage de N'Beika où nous prenons la piste pour Matmata. C'est une guelta au fond d'un oued encaissé entre 2 flancs de montagne. dans laqulle subsiste les derniers représentants des crocodiles du Nil de l'époque où le Sahara était une savane et non pas un désert. 

La magie des lieux opère une nouvelle fois. C'est à pied qu'on doit finir d'explorer l'endroit. C'est une débauche de roches, pierres de toutes les formes avec le sentiment d'être dans une oasis grâce aux nombreuses gueltas bordées de verdure. Nous crapahutons un peu partout dans les blocs de cailloux avec pour les plus chanceux (dont je ne fais pas partie), le grand plaisir de voir les fameux crocos.

Nous retrouvons nos voitures entourées par leurs gardiens et s'ensuit une discussion qui débouche sur la proposition de bivouaquer dans la palmeraie, on ne va surtout pas refuser ! Le cadre est magnifique et dans la nuit encore plus grâce à la voûte céleste qu'on peut enfin contempler. Ce bivouac restera dans les mémoires à plus d'un titre car demain nos routes se sépareront, Jean-François et Babé qui ont découvert la Mauritanie remontent en France, Thierry et Virginie poursuivent finalement le goudron jusqu'au Sénégal tandis que Serge et Jacqueline restent avec nous pour rejoindre Nema par la piste, via Tichit. 

 

Dimanche 11 Janvier 

Le lever du jour sur la palmeraie donne le signal de la levée du camp. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à l'école du hameau de nos hôtes pour leur donner la collecte effectuée par les enfants de l'école de Tony, le neveu de David. Nous remettons le précieux présent à l'instituteur qui les redistribuera ensuite. Les enfants retiennent leur joie sous l'autorité du maitre mais c'est pas l'envie qui leur manque ! 

Le goudron retrouvé, ce sont les adieux. Thierry et Virginie optent finalement pour le Sénégal par le goudron tandis que Jean-François et Babé tracent sur Nouakchott pour entamer leur retour sur la France. Difficiles aurevoirs,  nous ne sommes plus que 2 voitures pour affronter la piste Tidjikja-Tichit-Oualata-Nema

Ravitaillement complet pour 4 à 5 jours à Tidjikja  où comme d'habitude on galère pour trouver le début de la piste Un vieux monsieur nous indique le chemin. Il s'agit d'une autre piste récemment construite, balisée par des piquets rouges qui va jusqu'à Tichit. Elles est très ensablée et en plus, il y a des traces nombreuses et profondes de véhicules : probablement le Dakar. Nous traçons plein Est sur une piste relativement défoncée. Nous traversons de vastes étendues planes soit sableuses avec touffes d'herbes, soit recouvertes d'un pellicule de petits cailloux avec encore des touffes d'herbes. De temps en temps les tentes blanches des nomades apparaissent. 

Les paysages ne varient pas beaucoup et les gorges de Boudreiss en fin d'après midi arrivent à point nommé pour rompre la monotonie de cette immensité. En voulant les voir de plus près en hors piste on se paye un plantage assez épique. Après pas mal de bataille, on arrive enfin à quitter les lieux. On se met aussitôt en quête d'un bivouac plus reposant, on l'a bien mérité. 

Lundi 12 Janvier

Nous repartons dans les paysages de sable et d'herbe à chameaux. La piste, labourée par les concurrents du Dakar, n'est qu'une succession de creux et de bosses ensablées. On tape, on rebondit, si on ralentit trop on se plante, si on va trop vite on tape très dur, si on va à côté des traces on doit faire un slalom monumental entre les herbes à chameaux. Nous trouvons quelques haltes bienvenues à effectuer, puits de Zig, camp d'El Gaouya. 

Nous arrivons sur les flancs du Dhar de Tichit, le sable est extrêmement mou, tellement mou qu'on a failli se planter en descente ! Il fait très chaud aussi. L'arrivée sur la ville mérite à elle seule le déplacement. D'un côté on a la montagne, haute, noire, abrupte. Elle est recouverte en partie de sable ocre. Puis le sable est recouvert d'un dépôt blanc, on dirait de la neige. De l'autre côté les célèbres dunes de Tichit, superbement blondes. En face la palmeraie de Tichit, c'est magnifique.

Visite guidée de la ville où nous sommes suivis par des dizaines d'enfants. Toutes les maisons sont reconstruites en pierre avec architecture et méthodes traditionnelles : le résultat est très réussi. Tichit tire sa richesse de l'amersal mèlange de sel et de terre qui recouvre le sol et qu'on donne au bétail. C'est dans cette étendue immense sur la piste pour Néma que nous avons une vision d'un autre temps, deux caravanes de sel une qui s'élance et l'autre qui s'apprête à partir. C'est une sensation extraordinaire de voir ces hommes d'un autre temps qui heureusement n'est pas encore révolu. Ils vont probablement à Oualata ou à Nema, comme nous.

La piste est roulante pour une courte durée et redevient de nouveau sableuse avec la présence d'herbes à chameaux constituant des bosses plus ou moins fortes sur des dunettes plus ou moins prononcées. Il y a régulièrement des passages plus mous où il est difficile de ne pas se planter. De temps en temps on tombe sur de belles scènes : des nomades qui reviennent d'un hameau à dos d'âne, de grands troupeaux de dromadaires, de chèvres et d'ânes rassemblés autour d'un puits pour être abreuvés par les bergers. Ou encore des nomades qui veulent nous vendre des objets pour touristes au milieu de ce nulle part ! On tombe aussi sur des "os" comme la zone immense de sable à herbe à chameaux encore plus horrible que d'habitude, que nous devons traverser par la piste devenue tout simplement infernale. 

Mardi 13 Janvier

On part pas très motivés car on en a vraiment marre de cette herbe à chameau et on sait en plus qu'aujourd'hui nous attendent les plus grosses difficultés du parcours :  la zone d'aklès et la passe d'Enji. On continue, donc sur cette satanée piste, jusqu'à arriver au rocher de Makhrouga  le rocher des éléphants. Mais la visite est gâchée par la tâche sombre qui s'est faite sous notre voiture : fuite de la boite de transfert, il y a encore de l'huile mais il faut surveiller de près. De bon matin, ça calme.

Après les puits cimentés d'Aratane où nous rencontrons un homme et son fils qui tire de l'eau nous bataillons pas mal pour traverser le plateau rocheux qui suit car il n'y a plus aucune trace et le relief ne se prête pas vraiment au hors piste. Nous retrouvons de nouveau le sable et des décors de rochers étranges avant d'attaquer le gros morceau : la zone d'aklès. C'est la partie la plus difficile car dangereuse. Ce sont de dunes hautes, qui peuvent avoir des crêtes abruptes mais surtout qui peuvent se terminer en véritable entonnoir d'une trentaine de mètres d'où il est quasi impossible de se sortir. Ajoutez à ce cocktail les herbes à chameaux nombreuses et compactes, le passage du Dakar là au milieu qui met des traces partout et qui laboure le terrain et vous obtenez une vingtaine de kilomètres de cordons dunaires à franchir sous haute tension. Le ciel est bas et le vent est toujours présent. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'atmosphère est chargée. Ce n'est pas la découverte d'une vipère des sables, à quelques pas de nous qui arrange les choses !

Au bout d'un temps infini, nous sortons enfin de cet "enfer". Une zone de plat tombe à point pour faire notre pause déjeuner. Mais nous ne sommes pas au bout de nos émotions : 
5 véhicules surgissent sur le sommet des dunes en face et font mine de nous encercler. David prend les jumelles mais tout ce qu'il voit c'est des Pick-up couleur sable uniforme sans emblème avec plusieurs hommes a l'arrière qui semblent armés. Un véhicule se dirige lentement vers nous et s'arrête à une centaine de mètres nous faisant signe de ne pas bouger. On n'est pas rassurés du tout. Un homme saute du pick-up armé d'un fusil mitrailleur pointé dans notre direction tandis qu'un autre descend de l'avant nous faisant signe d'approcher. David et son père descendent de la voiture et se rapprochent à pied. Je n'en mène pas large : on a tout bon ou tout faux. 

Finalement celui qui à l'air d'être le chef salue David et son père et commence à discuter. L'homme à la mitraillette met son arme au repos et fait signe aux autres véhicules que la situation est OK. Grand soulagement. Il s'agit de l'armée régulière de Mauritanie dépéchée pour la sécurité du Dakar et qui rentre à Tichit. On est pressé de les laisser partir. On mange sur le pouce et on continue sur la piste toujours infernale, ça commence à être vraiment pesant.

Arrive enfin la passe d'Enji. L'endroit est superbe mais a son lot de difficulté. La montée est d'abord empierrée puis complètement ensablée on cumule les désavantages. Et bien sûr  le terrain est carrément labouré par les concurrents du Dakar. Après plantage de Totoy et quelques batailles, tout le monde atterrit au sommet. Les nomades spectateurs applaudissent : on s'en est sorti comme des chefs. Nous nous empressons de redescendre dans la vallée pour bivouaquer  et se remettre de cette journée très riche en évènements et émotions.

Mercredi 14 Janvier

Direction Oualata via le puits d'Oujaf où nous rencontrons encore de l'animation avec les troupeaux de dromadaires et leurs bergers qui les abreuvent. On assiste aux allées et venues des hommes du désert, dressés fièrement sur leur chameau. Ce spectacle est toujours aussi fascinant.

Plus loin le puits de Tagouraret nous offre le même spectacle. D'un côté, des centaines de bêtes vagabondent, de l'autre côté des caravanes sont au repos. Les hommes en bleus, juchés sur leur monture, viennent compléter le tableau. On traverse les dunes et au détour d'un virage on tombe cette fois-ci sur une caravane d'une trentaine de chameaux en mouvement. Quand on roule des kilomètres et qu'on ne voit pas un signe de vie, une vision comme celle là c'est juste fantastique.

Nous arrivons en fin de journée sur Oualata et ses célèbres portes. Nous prenons un guide pour visiter cette autre ville historique de la Mauritanie. Je suis très déçue. Les ruelles que nous empruntons sont jonchées de détritus et de plastiques et beaucoup de maisons tombent en ruine ou possèdent portes et  fenêtres murées. Même si on voit de belles portes avec leur décoration si caractéristique je préfère Tichit.

Jeudi 15 Janvier

Nous partons pour Néma, la piste est roulante, le ciel est très bas et il y a beaucoup de vent et donc de poussière, on dirait presque qu'il va pleuvoir. Nous sommes enfin débarrassé des pistes ensablées avec l'herbe à chameau on a frôlé l'indigestion !

Le seul intérêt de Néma c'est  son goudron jusqu'à Nouackchott. Avec le vent de sable les plastiques volent dans tous les sens et la ville est simplement couleur poussière. 

Nous roulons vers Ayoun El Atrous. On est passé de zone désertique à zone semi aride : c'est le Sahel avec les troupeaux de zébus qui font leur apparition et qui côtoient les nombreux troupeaux de chèvres, moutons, ânes et dromadaires : c'est impressionnant le nombre de bestiaux qu'il y a.

Vendredi 16 Janvier

Euréka, j'ai trouvé un cybercafé à Ayoun avec Windows 2000 pour prendre ma clé USB, je peux enfin réaliser ma première mise à jour du site. Nous faisons nos ravitaillements comme à l'accoutumée et dépensons nos derniers ouguiyas.

Après bataille habituelle on finit par trouver l'axe Ayoun El Atrous - Nioro du Sahel qui visiblement est appelé à se développer. Il commence à faire chaud. Nous traversons de nombreux villages où les gens et surtout les enfants nous saluent avec de grands signes de la main. Il semble que cela soit jour de lessive. Il y a de nombreux trous d'eau avec des femmes et des enfants qui lavent leur linge qu'ils mettent ensuite à sécher par terre ou sur les arbustes. C'est un festival de sourires et de couleurs. Nous notons aussi l'apparition des chevaux et les cavaliers sur leur monture ont aussi fière allure que les hommes du désert sur leur chameau.

Nous arrivons à Nioro du Sahel qui est au Mali sans avoir vu l'ombre d'une frontière et surtout d'un poste frontière mauritanien (ni malien d'ailleurs), on ne va quand même pas faire demi-tour. Nous tournons en rond dans la ville et apprenons que c'est ici qu'il faut faire les formalités d'entrée. Nous voilà partis pour le tour des bureaux.

 


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