>> 2 Janvier 2004Un voyage au long cours à travers l'Afrique, l'Australie et l'Océanie << 31 Janvier 2005
 

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Le journal de KapSud au Mali
Auteur kapsud
Source KapSud
Publication du 25/02/2004 pour Internet
Modifi� le 28/07/16
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Arrivé à Ceuta

Vendredi 16 Janvier
On tourne un peu en rond dans Nioro et finissons par trouver où effectuer les différentes formalités de passage de la frontière. La ville est très animée et nous essayons de nombreuses pistes pour en sortir mais en vain. Finalement, un jeune chauffeur de camion nous amène sur la route totalement défoncée de Kayes. Cela ne nous empêche pas de découvrir avec plaisir ces nouveaux paysages typiques de l'Afrique noire style savane avec l'apparition des baobabs immenses et si tortueux.

Nous traversons les villages eux aussi pleins d'animation surtout autour des puits où les femmes et les enfants viennent chercher l'eau. Notre passage ne passe pas inaperçu. Ce sont des sourires, des cris et des grands signes de la main qui nous accueillent : au début c'est un peu surprenant mais on s'y fait très vite et on met tout notre coeur à répondre aux saluts et à n'oublier personne.

Nous nous écartons de la piste pour nous enfoncer un peu dans la savane. C'est notre premier bivouac en brousse rien à voir avec les bivouacs dans le désert où le silence est si prenant. Ici c'est plutôt une débauche de bruits : les oiseaux,  les insectes et les habitants du village voisin. Ambiance Out of Africa

Samedi 17 Janvier
La piste est toujours difficile et nous qui pensions avoir fini avec des pistes infernales en Mauritanie ! Mais le goudron vient à notre secours à Sandaré Un peu avant Kayes, nous allons voir un groupe d'hommes rassemblés pour le battage du mil. et on les prend en photo après petite discussion. Je vous raconte pas leur réaction quand on leur montre le résultat, très enthousiastes ! L'arrivée sur Kayes est très sympa car on passe sur un pont qui surplombe le fleuve Sénégal d'où on peut admirer les scènes classiques au bords de l'eau : les lavandières qui lavent le linge multicolore, les enfants qui viennent chercher de l'eau ou qui s'amusent dedans, des piroguiers, sans compter le spectacle de la nature...  

Nous nous offrons un repas à l'hôtel du Rail le meilleur resto de la ville c'est aussi un retour aux sources pour Serge qui avait dormi ici avec son père (le grand-père de David) sous leur camion dans le parking de l'hôtel lorsqu'il était tout gamin et qu'il habitait au Sénégal. Ravitaillement, enregistrement à la police et assurance effectués nous partons sur la piste de Bamako qui longe le fleuve Sénégal. C'est vraiment surprenant de voir que l'axe direct qui relie Kayes à la capitale est cette piste étroite, plutôt difficile mais qui offre des points de vue superbes sur le fleuve.

Nous arrivons aux chutes du Félou après avoir visité l'ancien fort colonial de Médine. Bien que nous sommes en saison sèche, les chutes ont un débit assez conséquent et on voit bien les remous dans ce chaos rocheux. Le site est fréquenté aussi par des pêcheurs en pirogue. Nous nous éloignons un peu de l'eau et des moustiques potentiels et bivouaquons un peu plus loin. 

 

Dimanche 18 Janvier
Pour aller aux chutes de Gouina nous empruntons une autre piste qui au fur et à mesure devient difficile avec sur la fin des passages rocheux limite trialisant qui réclament toute notre attention. Et c'est juste après une montée délicate qu'on se trouve 2 cyclistes de randos : un couple de jeunes hollandais Saskia et Dirk qui sont partis d'Espagne à vélo : il en faut de la forme physique et du courage ! On leur promet une bière fraîche à leur arrivée aux chutes pour les motiver.

Après être passé à une petite plage où des français habitués des lieux sont déjà présents, nous débarquons au site véritable des chutes. C'est vraiment très beau avec par endroit des palmeraies sur le bord. Les hollandais arrivent peu après nous. On leur offre la bière promise ainsi qu'un en cas réparateur qui change de leur menu habituel. Ils parlent un excellent français ce qui nous permet savoir un peu plus. Ils sont donc partis d'Espagne et comptent aller ainsi jusqu'au Cameroun via le Niger et le Nigéria. Avec un rythme de 100 à 120 kilomètres par jour ils espèrent se trouver au Caméroun début avril, comme nous ! Nous nous échangeons nos coordonnées internet respectives. J'espère vraiment qu'on se reverra au Niger ou au Caméroun.

Nous poursuivons la piste le long du fleuve très étroite par moment et pas du tout évidente à trouver par moment. Les branches raclent de partout notre pauvre Totoy, plus à l'aise dans les chemins plus dégagés. C'est une allée de manguiers immenses qui nous accueille à Bafoulabé puis à Mahina.. C'est le seul pont où nous pouvons franchir le fleuve sauf que c'est un pont pour la voie ferrée, emprunté par une multitude de piétons. Malgré la tentative "d'extorsion" d'un droit de péage on traverse le pont en roulant à cheval sur la voie ferrée sans même avoir pris la peine de vérifier l'absence d'un train !

La piste se fait ensuite plus large et longe l'autre côté du fleuve Bafing, affluent du Sénégal, offrant ainsi une sérénité qui nous apaise après notre petit épisode d'agitation. La zone qui suit le barrage de Manantali est une sorte de forêt que les paysans font brûler et c'est dans une parcelle en cendre que nous passons la nuit 

Lundi 19 Janvier

La suite de la route vers Bamako est pénible car ce n'est que des escaliers comme on dit ici c'est à dire que de la tôle ondulée et histoire de corser le tout il y a de gros trous partout. On roule à vitesse élevée : 80 - 90 km/heure pour éviter de ressentir les vibrations et il faut être très vigilant. Les paysages sont monotones. On alterne les champs cultivés avec les grands arbres au milieu, avec des portions de forêt pas très dense et qui plus est souvent brûlée. 

Le petit village de Fongaoura nous offre une halte chaleureuse avec les hommes qui travaillent le coton. Notre visite provoque l'affluence et l'excitation des petits comme des grands ! Le contraste entre les peaux noires et la blancheur du coton est éclatant et une fois qu'on a montré ce que peut donner une photo, tout le mode veut être dans la boite et certains révèlent ainsi leur âme de comédien. 

L'arrivée sur Bamako est saisissante. Toutes les collines aux environs sont littéralement dévastées, il n'y a plus un arbre, de rares arbustes sont passés à travers la razzia. Mais ce n'est pas tout, un nuage opaque recouvre la capitale, un mélange de brume de chaleur et de pollution dû principalement aux émissions de gaz des mobylettes qui carburent avec un mélange pas très catholique. Le Boulevard du peuple illustre le mieux la cohue entre piétons, cyclistes, deux-roues, charrettes, voitures, taxi collectifs et vendeurs ambulants que l'on retrouve autour des marchés. Mais tout ceci se passe dans une humeur plutôt bon enfant. L' un des meilleurs hôtels de la ville est l'endroit idéal pour passer ces quelques jours à Bamako, à se reposer et à travailler pour ma part.

Lundi 19 - Jeudi 22 Janvier : séjour à Bamako

Le séjour dans la capitale nous fait renouer avec le monde occidental et nous permet de rencontrer des gens de tous horizons. Nous mettons aussi à profit cette halte pour faire faire la révision à Totoy et surtout faire réparer sa fuite intermittente à la boite de transfert. C'est apparemment un phénomène connu ici et qui serait du à l'herbe à chameau qui arrive à s'entourer dans la flasque de transmission et à force, casse la bague d'étanchéité. Décidément, cette satanée herbe à chameau nous fera souffrir jusqu'au bout.  Au garage, David retrouve le français que nous avions vu à Nioro du Sahel. Pour eux, c'était fuite d'huile à la boite de vitesse. Comme ils naviguent au Mali avec des amis italiens on risque fort de se recroiser.

Pendant ce temps, moi, je travaillais recluse dans ma chambre d'hôtel (snif, admirez le courage et l'abnégation ;-)  ), à la mise à jour du site web. Le peu que j'ai vu de la ville m'a plu essentiellement par les gens qui sont sympas, pas stressés. Il y a plein de petites échoppes, de vendeurs en tout genre etc. Il faut juste arriver à faire abstraction de la saleté omniprésente et son cortége d'odeurs pestilentielles. Le spectacle principal de toute façon c'est la rue avec comme scène la plus répandue actuellement : la promenade du mouton ou bélier en laisse pour la prochaine grande fête musulmane de Tabaski. On croise des moutons partout, à vendre, dans les maisons, traînés par une corde, shampouiné par les gosses, chargés sur les taxis brousse ou sur les bus ...

C'est après plus de 3 heures dans des conditions laborieuses que j'arrive à faire la mise à jour du site internet ! La visite vers Koulikoro, port important de pirogues en hivernage, s'avère être un cul de sac car il n'y a pas de pont plus loin pour retraverser sur Ségou ou Djenné : demi-tour jusqu'à Bamako. C'est donc tardivement que nous trouvons un bivouac pour la nuit.

 

Vendredi 23 Janvier 

Nous décidons de quitter le goudron pour arriver à Ségou par la piste en longeant le Niger. C'est pas vraiment évident à trouver et notre système de cartographie embarquée nous est d'une aide précieuse grâce aux vieilles mais détaillées  cartes IGN du Mali . La signalisation du moindre village nous permet de demander notre chemin aux habitants et de progresser ainsi de proche en proche. La progression est difficile car on a du mal à trouver des pistes marquées et on emprunte plus de pistes à ânes ou à charrettes qu'autre chose mais c'est un vrai enchantement. Les paysages sont agréables avec la plupart du temps des champs de mil récoltés agrémentés de grands arbres comme les manguiers. Régulièrement on croise des troupeaux de moutons, chèvres ou zébus gardés par leurs bergers. Mais c'est surtout l'attitude des gens que nous croisons qui fait chaud au coeur. Ce sont des grands sourires généreux, des regards parfois étonnés mais toujours ravis, des éclats de rire, et aussi des fuites apeurées d'enfants qui n'ont pas l'habitude de voir des blancs. C'est aussi beaucoup de gentillesse à chaque fois qu'on est perdu et qu'on demande notre direction. Et même si on ne parle pas la même langue, on arrive toujours à se comprendre. Les villages sont également très beaux avec les cases rondes en banco rouge et leur toit de chaume. Les femmes pilent le mil, les hommes palabrent sous les manguiers et les enfants jouent ou vont chercher de l'eau. 

Keninkou, nous révèle toujours les mêmes scènes plaisantes au bord du Niger : c'est la lessive, la vaisselle, la toilette ou les jeux dans l'eau tout comme à Tamani un peu plus loin. Les nuées d'enfants qui nous encerclent accélèrent notre départ. En fin de journée nous croisons plein de monde, des dizaines et des dizaines de charrettes avec toute la famille dessus avec son barda qui reviennent du marché. A chaque fois c'est le même rituel des salutations et de larges sourires. L'affluence au marché de Sona nous oblige à prendre une piste au Nord vers le Niger. Nous faisons le spectacle en franchissant le gué mais c'est leur passage avec leur charrette qui pour nous est une attraction. Le bivouac sur le bord du fleuve après Maniongo, est tout simplement splendide. Nous passons une bonne partie de la soirée à observer les rares lumières qui brillent dans la nuit et à écouter nos voisins villageois. 

Samedi 24 Janvier

La visite de Ségoukoro, ancien site de Ségou, nous change radicalement d'atmosphère avec les "Donne moi un bic" "Donne moi un cadeau" et "Donne moi 100 francs" qui fusent de partout. Le ciel se couvre, l'atmosphère s'alourdit.  Ségou est sous la grisaille et ses anciens bâtiments coloniaux intéressants et la promenade le long du Niger a encore un certain charme. Poursuite sous une petite pluie jusqu'au barrage de Makala et son immense retenue d'eau qui irrigue une zone de culture de riz et de coton au nord. Nous faisons une fois de plus demi tour car il n'y a aucune possibilité de retraverser le fleuve plus loin. Nous reprenons le goudron pour Djenné et nous arrêtons dans la campagne pour bivouaquer 

Dimanche 25 Janvier

Il fait toujours gris et plus frais quand nous partons ce matin pour aller voir Teryabougou : un centre expérimental monté par le père Vespieren pour l'auto-suffisance par la diversification dans les cultures et l'élevage. Plantations d'eucalyptus, irrigation par le fleuve Bafing avec pompes solaires et motopompes permettent la culture des jardins et des élevages de lapins, de poulets et de poules pour les oeufs et aussi la pisciculture à la saison des pluies. 60 familles y travaillent et bénéficient de l'école, du dispensaire ou d'un travail au restaurant ou à l'hôtel . Mais la disparition du père a entraîné une dégradation du système et l'oubli par certains de l'intérêt collectif. La reprise par les 3 jeunes volontaires est difficile même s'ils gardent bon espoir de poursuivre la tâche.

Après ce bilan mitigé, nous reprenons le goudron pour aller sur Djenné, ville emblématique du Mali. Nous prenons le bac sous le ciel toujours gris pour bivouaquer juste après le village au doux nom de Diablo. 

Lundi 26 Janvier

Le lundi est le jour le plus intéressant pour visiter Djenné car c'est le jour du marché qui rassemble énormément de monde et d'ethnies différentes de la région. Après avoir pris beaucoup de renseignements sur la ville à la mission culturelle, nous voilà embarqués dans les rues de la ville en voiture dans un embouteillage monstre de charrettes et autres présentoirs de tout poils. C'est animé, bariolé, odorant, bruyant bref un marché très vivant. Nous abandonnons enfin nos véhicules pour entamer la visite avec notre guide. Et là c'est l'énorme déception car les ruelles sont pour la plupart des égouts à ciel ouvert, des cloaques.. On ne peut pas admirer la superbe architecture homogène des maisons en banco dont l'exemple le plus fameux est incarné par la grande mosquée car on doit constamment regarder par terre et calculer sa trajectoire. Rien n'est fait pour l'écoulement des eaux usées ou les déchets. C'est malheureusement le principal souvenir que je garderai de Djenné pourtant on en a vu des villes africaines et ailleurs.

Nous enchaînons sur Mopti assez refroidi par notre visite précédente. Mopti est aussi une ville mythique du Mali sur le plan historique mais aussi et surtout sur le plan des échanges commerciaux grâce au Niger et aux pirogues de marchandises et de voyageurs qui naviguent dessus. C'est donc un port très important et un carrefour commercial primordial. C'est aussi un carrefour touristique avec son cortége de guides et faux guides, de vendeurs accrocheurs. Nous tombons malheureusement sur un exemplaire de cette faune qui nous fait du harcèlement commercial jusqu'au point de créer une altercation avec David. Les esprits se calment et au bout d'une éternité et d'incessantes discussions, explications, justifications, le jeune guide daigne enfin nous laisser. David vient de battre son record de patience ! On a donc eu du mal à apprécier les atouts de Mopti. Ce qui est sûr c'est que les chargements sur les pirogues sont impressionnants, tout comme le marché qui s'étale le long du port et qui grouille d'acheteurs, de vendeurs, de marchandises, de livreurs, ... On retrouve même des tables  de sel sur les étalages sûrement arrivées par caravane de chameaux comme celles qu'on a vu en Mauritanie puis par pirogue. 

C'est difficile de passer à côté des attractions touristiques réputées d'un pays sans visiter mais c'est souvent décevant pour différentes raisons et on appréhende un peu le pays Dogon le site majeur du Mali.

 

Mardi 27 - Jeudi 29 Janvier : ballade en Pays Dogon

Notre bivouac se trouve tout près d'une piste à piétons et vélo et on a de nouveau droit à la cérémonie du réveil avec de jeunes filles pour une fois. Je leur donne à chacune un petit peu de crème pour le visage mais elles ont peur de la passer et de devenir blanche comme moi ! Tout le monde finit par rire comme d'habitude, ça nous réconcilie avec le genre humain. 

La mission culturelle à Bandiagara est un bon endroit pour être conseillé sur les possibilités de circuit en pays Dogon. Nous visitons d'abord Songho village dogon éloigné de la célèbre falaise. D'emblée nous sommes mis dans le bain de l'exploitation touristique : taxe, droit d'entrée et guide obligatoire ! Mais le village est très beau et la visite enrichissante. 

Leb, c'est notre jeune guide qui nous accompagne pour la suite en pays Dogon. Il fait de nouveau beau et même chaud. La piste que nous prenons serpente entre les rocailles et les reliefs qui commencent à devenir accidentés. Du sommet du plateau nous contemplons la vue sur l'immense plaine en contrebas avec en plus le spectacle des femmes, en file indienne, qui gravissent à pied la longue montée avec leur habituel chargement sur la tête et le bébé dans le dos la plupart du temps. 

Nous descendons la longue route en lacets et après avoir longé la falaise, nous arrivons à notre premier village : Téli. Comme tous les villages dogons, il y a le nouveau village, en plaine, et l'ancien village, dans la falaise. C'est impressionnant. Nous montons d'abord par les ruelles, puis par des sentiers escarpés dans les ruines des maisons des premiers habitants : les Telems.  

C'est à Endé que nous trouvons un endroit merveilleux pour bivouaquer alors que notre guide préfère rester "en ville".

Nous visitons plusieurs villages, plus beaux les uns que les autres : Téli, Tiréli, Amani, Banani où on a fait un bivouac fabuleux dans les dunes, Younga perché complètement en haut d'une montagne, Bongo, Sanga. Leb nous conte avec passion les us et coutumes du village et l'histoire du peuplement dogon. On reconnaît bien là la tradition orale de l'Afrique. 

La plupart du temps, à chaque village correspond une partie très ancienne (12ième siècle environ) composée de petites habitations souvent troglodytes des premiers habitants les Telems. Au dessus, il y a les grottes dans lesquelles on mettait les morts du temps des animistes. En dessous, on trouve les villages Dogons qui se sont perchés là par mesure de défense pour éviter les différents envahisseurs. Et enfin, dans la plaine, on trouve les nouveaux villages des dogons qui une fois la paix installée se sont rapatriés au plus près de leurs cultures même si certains villages sont toujours ancrés dans la montagne. 

L'attrait du pays Dogon vient aussi de l'unité architecturale et bien sûr de la richesse de leur culture ancestrale et de leurs traditions qu'il est difficile de présenter en quelques mots. Les points qui m'ont le plus marqués c'est la multitude d'interdits à respecter, les obligations à remplir et les togunas ou cases à palabres. 

Ce que j'ai aussi beaucoup aimé c'est la cohabitation des populations comme les Peuls ou les Bellas, peuples de monades qui gardent du bétail. Leur hutte ou case fabriquées avec des herbes et des branchages se retrouvent régulièrement dans le paysage. Ils ont bien sûr leurs coutumes bien à eux et ont les reconnaît facilement grâce à leur habit traditionnel et à leur superbe parure pour les femmes. C'est un beau mélange. 

Je pense quand même que la réputation de cet endroit est assez surfaite et correspond surtout à un phénomène de mode un peu trop exploité par les médias français. Cela se ressent sur place au niveau du climat d'exploitation touristique quasiment permanente ! Il n'en reste pas moins que ces trois jours ont été superbes et très enrichissants surtout avec les conversations animées avec Leb que nous laissons à Sanga pour continuer de notre côté sur Douentza. Cette partie est bien moins fréquentée que la falaise de Bandiagara et pourtant toute aussi magnifique avec des paysages dignes des westerns d'Hollywood en technicolor ! C'est dans ce cadre magnifique que nous passons la nuit aux milieu des hautes herbes, une dizaine de kilomètres avant Douentza.

Vendredi 30 - Samedi 31Janvier : la réserve de Gourma

Douentza est le début de la réserve de Gourma où a lieu la plus grande migration d'éléphants d'Afrique, du moins c'est ce que disent les bouquins. 2 heures de rudes négociations sont nécessaires pour s'organiser un périple dans la réserve. On prend la piste de Tombouctou, ce qui nous permet de rencontrer de nouveau les hommes bleus du désert sur leurs chameaux. Ensuite nous longeons de magnifiques montagnes qui font penser à la Monument Valley, pour arriver à un petit village où se déroule un marché à la croisée des peuples des alentours : touaregs, peuls, songhaïs, dogons. C'est particulièrement coloré, bariolé, vivant et très diversifié. Nous pénétrons par la suite plus au coeur de la réserve et  slalommons dans les pistes de savanes. Les paysages sont plus arides et les rares Peuls ou Touaregs que nous rencontrons sont très démunis. On jardine particulièrement autour des mares comme celles de Benzena mais pas d'éléphants. Nous bivouaquons à côté d'un campement de dogons venus pêcher du poisson, le fumer et le sécher

Le lendemain, nous continuons notre quête en demandant souvent des renseignements sur les éléphants dans les campements que nous trouvons. Ce sont majoritairement des Touaregs ou plutôt des Tamacheqs. Nous arrivons ensuite dans le village superbe d'Iniadatafent de Tamasheqs plus ou moins sédentarisés. Dans les rues nous croisons les hommes qui ont sorti leur parure complète avec le sabre, le poignard et le taguelmoust pour Tabaski. Ils sont vraiment magnifiques mais aussi très impressionnants. 

Nous continuons la piste dans les paysages arides et finissons par arriver à Gossi et sa mare. C'est un lac assez étendu et comme d'habitude, la présence de l'eau favorise la vie sous toutes ses formes et change radicalement la nature des paysages précédents : troupeaux qui s'abreuvent, jardins verdoyants, pirogues chargées et des huttes partout.

Il faut aussi aller à Gossi pour rencontrer Soeur Anne Marie qui nous fait visiter l'Hôpital des Nomades qu'elle dirige avec son équipe. Les malades sont hospitalisés à l'extérieur dans leur paillote ce qui leur permet de rester avec leur famille et aussi leur chamelle pour se nourrir. Les affections les plus courantes sont la tuberculose, le sida, et les plaies. Il y a aussi un gros travail de consultations et de suivis comme celui des grossesses et des accouchements. L'an dernier 30000 patients ont été traités dont la moitié étaient nouveaux. Cette femme est extraordinaire : elle était religieuse et à 45 ans elle a décidé de reprendre ses études de médecine pour venir soigner les gens au Sahel. Ca fait 15 ans qu'elle est ici avec son équipe de personnes très compétentes et qu'ils travaillent sur ce projet avec le soutien de l'Association Millau-Mali de Régine Gotero. C'est un moment très émouvant et très dur et quand nous la quittons, j'en ai la chair de poule.

Le goudron marque la fin de la réserve. Nous avons vu 2 antilopes et 4 pintades. Mais c'est un bilan autrement positif que nous en tirons. La route du retour est bien monotone et la beauté des monts Hombori que nous retrouvons nous permet de finir cette journée par une touche de majesté dans le soleil déclinant. 

C'est à Boni que nous devons faire les formalités de police pour passer demain au Burkina. Comme il fait déjà nuit, on campe dans la cour de la gendarmerie. Nous passons la fin de la soirée avec un gendarme très sympa, muté ici récemment qui nous invite chez lui le lendemain pour Tabaski.

Le 1er Février

Nous quittons Boni et notre gendarme qu'on ne reconnaît plus avec son boubou tout neuf  pour passer la frontière à Dinangourou . 

Sur la piste nous rencontrons beaucoup de huttes de bergers Bella ou Peuls si reconnaissables avec leur allure longiligne. Les femmes sont particulièrement élégantes aujourd'hui avec leur robes bariolées, leurs bijoux en or et leur coiffure très décorée avec souvent la présence de coquillages ou de pièces de monnaie.
Dans les villages aussi ils sont tous plus beaux les uns que les autres, chacun ayant mis un point d'honneur à revêtir la nouvelle tenue qui le met le plus en valeur. 

A la sortie de Douari c'est une autre scène spectaculaire à laquelle nous assistons. Autour du puits, des chameaux courent dans des directions opposées. Ils sont chevauchés par des petits gosses pour tirer les cordes qui vont dans le puits en passant par un système de poulies fixées sur le bord. Tout ce ballet incessant va très vite et les poulies sifflent sous la sollicitation des cavaliers. 

Dinangourou est le poste où nous devons effectuer les formalités de douane mais le chef de la douane est parti plusieurs jours pour fêter Tabaski et Koro l'autre poste frontière est à 120 km. Finalement à force de discuter à droite à gauche, on apprend que le sous-préfet habite ici. David et son père vont le voir et c'est avec beaucoup de gentillesse qu'il tamponne les papiers de la voiture et récupère les informations à transmettre au chef de la douane à son retour. 

Au revoir le Mali, Bonjour le Burkina Faso !

 


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