>> 2 Janvier 2004Un voyage au long cours à travers l'Afrique, l'Australie et l'Océanie << 31 Janvier 2005
 

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Le journal de KapSud au Bénin
Auteur kapsud
Source KapSud
Publication du 02/04/2004 pour Internet
Modifi� le 28/07/16
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Arrivé à Ceuta

Samedi 21 - Mardi 24 Février 

Le passage de la frontière côté Bénin se passe assez vite même si nous avons tout notre loisir pour observer le ballet continu de petits cadeaux et bakchichs qui passent de main en main au vu et au su de tout le monde. Mécanique bien huilée : chacun a l'air d'y trouver son compte. La route longe la côte et nous arrivons ensuite à l'Auberge de Grand Popo que Chantal et Lulu nous ont conseillée pour camper à l'ombre des grands filaos. L'air du bord de mer rend supportable la chaleur moite qui règne ici et permet de meilleures conditions pour travailler. 

Dimanche matin, le son des chants cadencés de villageois voisins me réveille. Je retrouve David en train de tirer le filet de pêche avec les pêcheurs depuis la plage. Ce travail harassant est orchestré par le chef en fonction des vagues, du sens des courants et de la marée. Tout le monde met la main à la pâte et au bout de beaucoup d'efforts et de temps le précieux butin est ramené sur le sable. Des gamins profitent de l'excitation générale pour chaparder quelques petits poissons et les cacher dans leurs poches. Le chef met de l'ordre à tout ça, le partage va commencer après le calibrage et la répartition par espèce. Nous rentrons sous nos arbres pour souffler surtout David bien sûr. Plus tard, le chef et un autre pêcheur viennent nous remettre notre part : 4 superbes soles. Nous sommes un peu gênés mais devant leur insistance, nous sommes obligés d'accepter ce délicieux repas en perspective. L'après-midi se déroule nonchalamment entre farniente, travail sur l'ordinateur et coupe afro pour David.  

Le Lundi matin, suite à une "guéguerre commerciale", nous nous retrouvons avec 2 guides pour la même excursion en pirogue sur le fleuve Mono. L'ambiance s'en ressent et après la visite du village avec ses - très très- anciennes maisons coloniales, nous embarquons en pirogue sur le fleuve Mono entre mangrove et plantations de cocotiers. On finit par un tour dans le village sur l'autre rive avec ses temples et rites vaudoun dans chaque quartier. La ballade est finalement sympa mais sans plus.

L'après-midi, cinq cars de collégiens et lycéens débarquent. En une fraction de seconde, on est littéralement envahis par une nuée d'ados enthousiasmés par leur voyage et leur journée à la mer. La moindre place à l'ombre est prise d'assaut et on se retrouve très vite encerclé. Mais ce n'est pas tout, pour occuper tout ce petit monde qui ne peut pas aller se baigner à la mer pour cause de courants trop dangereux, les accompagnateurs ont prévu un karaoké ! Autant dire que la concentration n'est pas facilitée. En fin de journée, les jeunes repartent  manifestement très contents de leur expédition et nous un peu chamboulés par le passage de cette tornade ! 

Nous partons pour Ouidah  le mardi après-midi. C'est un ancien centre d'embarquement des esclaves mais aussi un important centre religieux du culte vaudoun, qui a donné le vaudou à Haiti, avec un intéressant musée consacré à ces rites. La Route des Esclaves qui relie la ville à la mer retrace le parcours des esclaves avant leur destin funeste. L'endroit le plus effrayant et le plus émouvant est la case dans laquelle les gens étaient entassés dans le noir avec le minimum de vivre et d'eau pour les habituer à leur future traversée de l'Atlantique. Des statues tout le long de la piste rappellent le rôle des rois d'Abomey dans ce sordide commerce avec les Blancs. L'imposante porte du Non-Retour symbolise ces destins brisés.

A partir de là, commence une autre route, beaucoup plus "légère", c'est la route des Pêches, qui borde la côte entre immenses cocoteraies et plages de sable blancs. De nombreux villages de pêcheurs sont implantés et c'est entre deux d'entre eux  que nous nous installons face à la mer, très vite rejoints par des enfants. Je leur montre mon travail sur l'ordinateur. Ils sont vraiment impressionnés par mes connaissances sur leur pays et quand je leur sors quelques mots en fon, c'est le clou de la soirée ! 

 

Mercredi 25 Février

Tout le long de la côte jusqu'à Cotonou, c'est la même superbe scène de lever du filet depuis la plage qui se rejoue. L'arrivée sur la capitale économique du pays marque une rupture totale d'ambiance. C'est une ville très animée où règne un traffic d'enfer avec ses zem (zemidgen), les motos-taxis repérables à leur blouse de couleur qui tournent au carburant frelaté venant du Nigéria : circulation anarchique, pollution impressionnante, chaleur étouffante. Un cocktail détonnant apaisé par la convivialité et la bonne humeur habituelle des gens. 

Nous apprécions notre virée au cybercafé climatisé de la poste avant de reprendre la route pour Porto Novo. La capitale du Bénin n'est en fait qu'une grosse bourgade poussiéreuse avec quelques rues principales goudronnées. Quel contraste avec sa rivale Cotonou. Après plus d'une heure à tourner en rond pour trouver un établissement pour nous accueillir, nous atterrissons dans la cour d'un hôtel au personnel particulièrement accueillant.

Jeudi 26 Février

Nous mettons à profit notre court séjour à Porto Novo pour visiter Aguégué, un des villages lacustres du coin, beaucoup moins touristique que Ganvié. Trouver le port d'embarquement n'est pas si simple et faute de monter dans une pirogue collective nous nous lançons dans la rude négociation d'une pirogue individuelle. Finalement la pression commerciale est pas mal ici aussi.  

Le trajet sur la lagune est superbe. On chemine dans les canaux principaux mais il en part de partout. On voit aussi les locaux qui pêchent ou qui se rendent sur les berges marécageuses pour entretenir leur piège à poisson. Les rives sont aussi souvent bordées de palmiers. Bref, ballade plus qu'agréable. Le village d'Aguégué est bien moins intéressant et en fait, n'est lacustre qu'à la saison des pluies. Au retour comme par hasard, nous prenons plein de passagers et certains directement de barque à barque : c'est nous maintenant qui faisons pirogue collective. 

A Porto Novo, nous visitons le superbe petit musée ethnographique qui nous apprend encore beaucoup de choses liées aux cultes vaudoun en exposant de très beaux objets tels que masques, statuettes et armes. Départ ensuite pour Abomey. Le long de la route, ce sont essentiellement des cultivateurs et on saisit l'occasion pour faire le stock de fruits notamment d'excellents ananas. Arrivés à destination, nous nous installons chez Monique, agréable hôtel qui fait aussi camping dans sa cour plantée de tecks.

 

Vendredi 27 Février

Le matin, on lézarde, on souffle un peu en discutant avec un jeune couple de français installés à Lomé qui compte remonter en France prochainement par la route. On peut ainsi échanger nos conseils et nos impressions : moment fort sympathique. Ce qui l'est moins c'est quand nous récupérons le linge que nous avions donné à laver la veille et qu'il manque un short long de David. Le gamin dit qu'il nous le ramène plus tard. Du coup nous partons visiter les anciens palais royaux de la dynastie des rois d'Abomey. Ces édifices, qui font également musée, retranscrivent l'histoire très ancienne de cette lignée de souverains avec beaucoup d'objets qui témoignent de la richesse de leur histoire et de leur culture. Vraiment une visite à ne pas manquer. 

De retour au camping, le gamin a disparu. Les choses se compliquent car tout le monde commence à être concerné par cette histoire y compris la patronne Monique. Pendant que l'affaire tente de se régler, nous faisons connaissance avec un cycliste qui campe ici aussi. Et surprise, il s'agit d'un belge avec qui j'avais été en contact par mail, sur la fin de nos préparatifs ! Sounougal, c'est son pseudo, est parti pour une grande boucle à vélo depuis Ouagadougou, qui va le conduire au Bénin, puis au Togo, pour remonter au Burkina pour un festival de musique au mois d'avril auquel il doit participer avec son groupe de reggae. C'est vraiment très courageux, d'autant plus que d'après ses propres dires, il n'est pas un athlète de la petite reine !

Au bout de plusieurs heures de palabres à droite à gauche et bien que nous ne voulions pas du tout ce résultat, nous faisons une croix sur le short, Monique nous rembourse la nuitée et malheureusement, retient une somme sur le salaire de la mère du jeune garçon qui n'a toujours pas réapparu, en espérant que ça n'aille pas plus loin. C'et donc avec une sensation très désagréable, que nous quittons les lieux en fin d'après midi pour reprendre la route vers Savalou et nous bivouaquons peu avant la ville. 

 

Samedi 28 Février

Après Savalou, nous arrivons sous une chaleur écrasante à Natitingou, ville importante du Nord du pays .La visite de son musée du pays Somba, équivalent du Tamberma du Togo, est très instructive et très animée par son guide qui manifestement aime son métier et sa région. Après les ravitaillements d'usage rendus difficiles par le manque d'approvisionnement de la ville, nous partons à la recherche de la piste pour Boukoumbé et finissons par la trouver au bout d'un petit moment.

Les paysages redeviennent agréablement vallonnés voire montagneux, les perspectives sont splendides avec les tatas qui sont dispersés dans les champs de mil. Mais ce que nous apprécions par dessus tout c'est le naturel et la gentillesse de tous les gens que nous croisons sur notre parcours. Les salutations chaleureuses, les grands sourires, les petits signes de la main et des yeux parfois ecarquillés des enfants, tout ici nous rappelle l'hospitalité et le sens de l'accueil des Sombas. Nous nous installons peu après Nata, pour passer la nuit. Toute la soirée, des gens passent mais tout le monde respecte notre intimité. Seul l'instituteur du village se risque avec sa fiancée pour nous saluer discrètement.

Dimanche 29 Février

A notre réveil, pas mal de monde nous entoure tout en gardant une distance respectable pour nous observer. Notre promenade en pays Somba se poursuit délicieusement avec ces paysages et surtout des gens toujours cordiaux et simples. A la fin, nous tombons sur un immense marché qui rassemble toute la population des environs. C'est toujours un effet incroyable, un contraste saisissant d'animation, d'agitation et de vie avec la tranquillité apparente des hameaux.

Nous laissons le pays Somba avec des souvenirs merveilleux et faisons halte à Tanguiéta pour faire du change, des courses, le plein d'eau et de gas-oil avant la réserve de Pendjari. Nous entrons dans le parc par Batia et établissons notre circuit avec les guides en sachant que nous en sortirons par l'Est pour aller vers le Niger. Nous avançons doucement pour débusquer les animaux mais la piste difficile que nous prenons nous absorbe tellement qu'on en oublie le reste concentrés que nous sommes à éviter le fech fech. En une fraction de seconde on se retrouve crépi de la tête au pied par cette poussière de sable aussi fine que de la farine.

On atteint enfin la berge de la rivière et on suit la piste le long. Beaucoup de marques d'éléphants sont visibles, arbres dévastés, traces de pas enfoncés dans la terre, crottes mais pas de pachyderme en vue. Arrivés au camping où nous devons passer la nuit, nous sommes assaillis par des moucherons voraces qui s'en prennent à nos chevilles par des piqûres douloureuses et qui saignent avant qu'on ait pu dire ouf. On est les seuls clients et pour les deux gardiens qui sont là ça doit être très dur de vivre ici loin de tout sans électricité ni eau courante.  Le récit de notre voyage les distrait un peu et surtout les impressionne : "Vous les blancs, vous êtes trop forts !".

Lundi 1er Mars

Après un réveil très matinal et un bon parcours le long de la rivière, passant de mare en mare, notre bilan est satisfaisant : singes, babouins, phacochères, plusieurs variétés d'antilopes, un troupeau de buffles, un éléphant de très près et un lion de très loin ! C'est sûr qu'on s'est usé les yeux mais la faune est diversifiée sans compter les oiseaux. Certes, il ne faut pas s'attendre au Parc Kruger mais c'est quand même pas mal.

Nous terminons notre visite en continuant la piste, visiblement beaucoup moins fréquentée, vers Kérémou. La grosse chaleur qui sévit n'aide pas à supporter l'état de la piste qui empire surtout quand on passe sur de la tôle ondulée d'éléphants : c'est des tronçons de pistes, empruntés par les éléphants à la saison des pluies et qui sèchent en l'état : totalement défoncé. On a du mal à avancer, en plus un gros incendie menace au loin. Il nous tarde de nous sortir de là.

Sortis du parc de la Pendjari, les conditions de route ne s'améliorent pas vraiment. Une zone plus montagneuse et rocailleuse lui succède avant de retrouver la piste apparemment importante sur la carte, qui descend du Burkina Faso. Bien que plus large elle reste tout aussi infernale avec de gros trous et des pièges à fech fech. On arrive péniblement à Kérémou. On ne pense qu'à une seule chose : se pauser sans que plus rien ne bouge et savourer une bière bien fraîche ! Notre voeu est exaucé à l'entrée de la ville de Banikoara tandis que le jour décline. 
La traversée de la ville est assez épique avec l'animation et circulation habituelle et la nuit qui tombe rend la conduite plus sportive. Nous nous empressons de filer sur la route de Kandé mais il y a du monde partout et c'est dans la nuit noire, à la lumière des phares, qu'on finit par plonger dans un champ de mil derrière des arbustes pour bivouaquer. Peu de temps après, deux hommes, probablement les chefs de famille des cases voisines viennent nous voir, intrigués et peut être inquiets de notre manège. Nous leur expliquons notre intention de passer la nuit ici. Ils repartent soulagés et quelque part rassurés.


Mardi 2 Mars

Après les salutations de notre voisin paysan nous partons pour Malanville, ville frontière avec le Niger. On commence à retrouver les paysages habituels du Sahel et l'harmattan qui souffle pour de bon donne un peu l'allure d'une ville fantôme à la cité. Ceci nous décide à passer la frontière vite après manger pour peut-être atteindre Niamey dans la soirée. Mais c'est sans compter sur les subtilités administratives africaines et c'est après un aller retour aux postes frontaliers et trois heures à attendre que le chef de douane vienne mettre un coup de tampon que nous repartons, verts de rage,  intérieurement bien sûr ! Sur le moment, ça entache un peu  l'excellent souvenir que nous laisse ce pays. Du coup, on est d'humeur très moyenne pour attaquer les formalités pour le Niger qui en plus, n'a pas très bonne réputation sur ce point.

 


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