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Le journal de KapSud au Niger
Auteur kapsud
Source KapSud
Publication du 17/04/2004 pour Internet
Modifi� le 28/07/16
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Arrivé à Ceuta

 

Mardi 2 Mars

Contrairement à ce que l'on pensait, et heureusement pour nous, les formalités côté Niger se déroulent rapidement et sans anicroche. Ceci nous permet de rouler un peu avant la tombée de la nuit et de trouver un bivouac dans un endroit isolé

Mercredi 3  - Samedi 6 Mars : séjour Niamey

La route de goudron que nous empruntons nous mène rapidement à Niamey. Premier objectif à remplir, chercher l'Ambassade du Tchad pour faire notre demande de visa. La réputation n'est pas terrible et pourtant nous repartons avec nos passeports, visas en main après une petite attente. On est super contents, ça nous laisse libre cours pour notre séjour à la capitale. 

Visite du musée national et de son zoo pathétique, recherche d'un hôtel pouvant nous accueillir à des tarifs raisonnables, tout cela nous occupe le reste de la journée. On a du mal à nous retrouver dans ces rues goudronnées ou pas, parfois en sens unique, et surtout sans signalisation la plupart du temps. Malgré le plan que nous tentons de suivre, notre sens de l'orientation est sérieusement mis à mal !  

Le jeudi, l'harmattan souffle tellement que c'est limite tempête de sable, on a presque froid. L'après-midi, on passe au garage Toyota pour diagnostiquer le problème que David ressent au niveau de l'embrayage de la voiture. Comme après, on va faire du sable et s'aventurer dans des zones isolées on préfère résoudre le problème avant de partir. En fait, Totoy semble souffrir de son disque d'embrayage et la cause semble assez ancienne. David souhaite changer l'embrayage dans la journée du lendemain et arrive à convaincre le mécanicien, quitte à lui donner un coup de main pour finir avant le week-end. Rendez-vous est pris pour le lendemain à l'ouverture du garage. Comme il n'y a pas de distributeur de billets, il ne nous reste plus qu'à trouver une banque où on peut retirer de l'argent avec une carte bleue, ce qui n'est pas le plus facile.

 

Vendredi, David revient bredouille après s'être levé aux aurores pour amener Totoy se faire changer l'embrayage : le mécano ne se sent plus capable de faire ce travail dans la journée. On a au moins les pièces ce qui pourra nous toujours nous dépanner au fin fond du Tchad. En déménageant d'hôtel on tombe sur nos cyclistes hollandais rencontrés au Mali aux chutes de Gouina ! Ils sont en séjour forcé dans la capitale car il a cassé sa roue arrière à 400 kilomètres à l'est et ils attendent qu'on leur envoie la pièce. Ils ne sont pas très loquaces mais on les comprend car le moral a dû en prendre un coup.

Ce soir, nous sortons au Centre Culturel Français pour voir un spectacle donné par une troupe de Bororo Wodabe. C'est une ethnie très particulière au Niger avec des coutumes très codifiées et strictes. Comme la majorité des Peuls, ce sont des nomades avec une allure longiligne et des traits fins. Leur spécificité, c'est le culte qu'ils vouent à la beauté, particulièrement les hommes. Lors de cette soirée, ils reproduisent les danses qui se déroulent à l'occasion de leur grande fête annuelle du Gerewol à l'époque de l'hivernage. La richesse de leurs habits traditionnels et la finesse de leur maquillage est indescriptible et impressionnante. Dans une danse en particulier, tous les hommes sont alignés côte à côte et oscillent de haut en bas sur la pointe des pieds. Le but est de séduire suivant certains codes les jeunes filles qui regardent et qui choisiront ainsi leur fiancé. Les danseurs, arrivent quasiment à un état de transe bien perceptible à la façon avec laquelle ils roulent leurs yeux et claquent des dents toujours avec une élégance extrême. C'est véritablement une grande chance pour nous d'assister à cette soirée.

Le samedi, c'est la chasse au cybercafé ouvert et qui marche. Comme beaucoup d'autres choses ici, ce n'est pas simple, mais on finit par en dégotter un géré par une ONG. Le soir on s'offre la meilleure table de la ville tenue par un landais qui reconnait aussitôt notre accent. Il a une longue expérience du Niger et est un vrai touche à tout : enseignant, photographe, restaurateur... Son accueil chaleureux et sa cuisine si délicate et créative nous font beaucoup de bien. 

Dimanche 7 Mars

Nous quittons Niamey par le goudron pour Baleyara car tous les dimanches, s'y déroule un des marchés les plus spectaculaires du pays par son ampleur et par la diversité des peuples qui s'y retrouvent. Comme dans chaque lieu touristique, notre arrivée est très attendue et on se fait assaillir par des guides plus ou moins officiel. Finalement on en prend un, cela facilitera la prise de photos. 

C'est une foule bigarrée qui envahit toutes les ruelles et stands du village. Ca grouille de partout et tout s'y vend. Nourriture, viande fraichement dépecée ou à cuire, marchandises diverses, animaux dans le marché aux bestiaux, objets de l'artisanat traditionnel. C'est le point de rencontre entre les touaregs, les peuls et les djermas du Sud. Particularité : le commerce du natron. C'est un peu comme l'amersal en Mauritanie. Il s'agit d'une couche de sel et de terre qui est ramassée et recouverte de tiges de mil. Le tout est roulé sur lui-même pour constitué un énorme cône qui est ensuite vendu comme complément alimentaire pour le bétail. 

L'attrait principal de Baleyara est son marché aux bestiaux où nous retrouvons une multitude de bêtes : chameaux, zèbus bororo (à grosses cornes) ou azaouagh (petites cornes), ânes, chèvres, moutons et quelques chevaux. Ca marchande sévère et à côté c'est le commerce du fourrage qui est le sujet de toutes les tractations. 

Une fois rassasiés de toutes ces couleurs, sons et odeurs, nous repartons par la piste beaucoup plus calme pour Dogondoutchi. A un moment, nous dépassons un cycliste randonneur qui avance péniblement dans le vent contraire. On s'arrête. Il s'agit de Julian, un anglais qui est parti depuis 6 mois et qui a déjà parcouru beaucoup de pays de l'Afrique de l'Ouest. Visiblement, il ne s'est pas coupé les cheveux ni la barbe depuis son départ ! Il a l'air fatigué et amaigri. Ce n'est pas du tout le même gabarit que nos cyclistes hollandais. Mais il a bon moral et lui aussi va emprunter la même route que nous pour descendre vers l'Afrique du Sud. Nous le laissons face à lui-même et au défi qu'il s'est lancé, impressionnés par sa performance et son courage.

Lundi 8 Mars

Nous roulons sur la nationale en goudron qui traverse le pays d'ouest en est. Nous nous arrêtons à Koni pour faire des courses en espérant peut-être apercevoir, Dirk et Saskia qui doivent revenir ici réparer leur vélo une fois les pièces reçus de Hollande. La ville est animée et on trouve facilement de quoi se ravitailler dont cet appétissant poulet qui grille et que nous emportons.

Il y a toujours autant de vent sur la route et notre consommation va en prendre un coup. Et puis, on distingue au loin deux silhouettes assises sur le bord de la route avec des vélos de randos posés à côté. Et oui, ce sont nos deux amis hollandais. On s'arrête et on s'installe à l'ombre pour déjeuner et partager ce délicieux poulet grillé avec eux. On les trouve beaucoup plus bavards et motivés que la dernière fois. Malgré les conditions climatiques défavorables pour eux, ils ont retrouvé le moral et sont heureux de se remettre à pédaler. Après presque une semaine de séjour forcé à Niamey, ils avaient des fourmis dans les jambes. En fait leur pièce est arrivée plus tôt que prévu ce qui nous a permis de les rencontrer de nouveau sur la route. La route est plate mais toute droite sur des dizaines de kilomètres et donc ennuyeuse mais ce qui les gêne le plus, bien sûr c'est le vent fort et sa poussière. Malgré tout ils espèrent faire 100 kilomètres par jour dans ces conditions. Nous les laissons repartir à leur aventure et les dépassons, espérant les revoir au Cameroun. 

Les villages sur le bord de la route rompent la monotonie du voyage avec tout le monde qui nous salue avec de grands sourires. J'adore particulièrement leurs greniers tout ventru. Depuis notre entrée dans le Niger, je ne sais pas pourquoi mais j'ai pris ce pays en grippe. Le fait de quitter le Bénin, ou le nombre de fois où on a tourné en rond dans Niamey, ou l'harmattan peut-être, ou tout ça réunit. Bref je ne sentais pas d'atomes crochus. Au fil des jours et de notre traversée, le contact avec ces gens de peuples si différents et pourtant tous aussi amicaux et accueillants les uns que les autres ont gagné ma réticence, imperceptiblement. Je me sens de nouveau à l'aise, ce pays est devenu ma maison.

 

Mardi 9 Mars

Nous arrivons à Zinder l'autre grande ville du pays avec Agadez. Sa réputation est essentiellement due au quartier Birni gardien de l'architecture traditionnelle des Haoussas. On s'y rend à pied ce qui permet de s'imprégner de l'atmosphère de la cité. Nous déambulons tranquillement, même si la situation évolue quand on arrive au quartier touristique mais dans une très faible mesure. C'est vraiment agréable de se promener ainsi sans que cela ne soit de l'indifférence pour autant.

Le quartier tient ses promesses avec de maisons en banco aux arrêtes douces et avec des façades parfois finement décorées le tout s'insérant dans un enchevêtrement de rochers.  Le soir, nous invitons 2 jeunes voyageurs italiens installés dans l'hôtel où nous campons, à nous rejoindre pour l'apéro. Stéfano et Pascal voyagent depuis un mois en routard. Après avoir traversé l'Italie puis la Sicile ils ont rejoint la Tunisie pensant poursuivre par la Libye. Finalement ils ont dû opter pour l'Algérie où ils ont traversé le Sahara en camion pour arriver à Agadez. De Zinder, ils remontent à Niamey pour partir ensuite sur l'Afrique Noire. Fort heureusement pour nous ils parlent très bien français ce qui permet d'échanger nos expériences et impressions respectives. Malgré notre façon très différente de voyager nous retrouvons beaucoup de choses ou anecdotes en commun. Mais le voyage n'est pas notre seul sujet de discussion. Nous passons ainsi une excellente soirée très animée, très vivante et très joyeuse.

Mercredi 10 Mars

Au réveil, nous retrouvons nos joyeux acolytes autour d'un vrai café que nous leur avons promis la veille. Nous les laissons partir à la gare routière à la recherche d'un camion pour Niamey tandis que nous partons faire nos stocks de vivres, carburant et eau pour une semaine minimum. On en profite aussi pour changer au noir nos CFA afrique occidentale en CFA de la zone centrale en vigueur au Tchad. 

On tourne un peu dans la ville puis on trouve la route vers Nguigmi. Elle devient plus étroite, moins fréquentée mais les paysages sont de plus en plus beaux. Ils sont aussi parfois surprenants, comme aux environs de Miria avec des étendues de baobabs mêlés avec des palmiers tout fins. Ou bien à Guidimouni, un lac de plaine qui transforme une vallée en immense oasis et une végétation quasi tropicale sans oublier les centaine de petits jardins. On roule jusqu'au soir et c'est avec plaisir qu'on retrouve l'ambiance de nos bivouacs du désert.

Jeudi 11 Mars

Nous repartons peu après Goudoumaria pour faire la route jusqu'à Diffa. Cette route est très monotone et nous plaignons à l'avance notre couple de cycliste hollandais surtout s'ils ont un vent contraire comme c'est le cas actuellement. Arrivés à Diffa, comme on n'est pas sur de pouvoir faire toutes les formalités de douane à Nguigmi, on prèfère les réaliser ici. Ca se déroule assez facilement et les autorités sont vraiment de bonne volonté. Quelques courses de produits frais dans le marché où tout le mode paye en monnaie du Nigéria et on repart vers la frontière. La route est tout simplement horrible et en plus il faut payer le péage comme pour chaque tronçon goudronné. Il y a énormément de trous provoqués ou aggravés par les camions et il faut souvent empruntés les pistes parallèles qui ne sont pas non plus dans un super état. Mais les paysages sont superbes avec des troupeaux immenses de zébus à grandes cornes, menés par leurs bergers nomades. 

Finalement, on arrive à Nguigmi en fin de journée. Au poste de contrôle, ils n'apprécient pas qu'on ait déjà fait les formalités à Diffa alors que là bas ça ne leur posait aucun problème. Il commence à faire nuit et on voudrait sortir de la ville pour aller bivouaquer plus loin. Seul problème : on ne sait même pas quelle route prendre pour le Tchad car on pensait prendre des renseignements dans la ville et nos cartes sont d'aucune utilité vu le grand changement dans la géographie du lac Tchad. Bref on se trouve coincé car c'est presque impossible d'obtenir des renseignements sans que cela tourne au service de guides. Ce n'est pas un bon plan d'arriver à une ville frontière de nuit surtout qu'il n'y a pas d'hébergement et qu'on ne peut pas faire demi-tour vu qu'on a refait les formalités ici.

On finit par accepter la proposition d'un guide, Modo, qui nous accueille chez lui. Nous nous installons devant sa maison et partageons le repas avec sa famille dans sa cour. En fait, nous mangeons avec lui et ses trois fils tandis que sa femme et sa fille mangent à part. Il nous donne des infos sur la piste à suivre pour aller à N'Djamena et nous propose de nous emmener demain matin au point de départ à la sortie de la ville et nous fait bien comprendre que c'est mieux pour nous ainsi.

Vendredi 12 Mars

Nous nous levons très tôt pour attaquer ce qui devrait être une rude journée. Comme promis, Modo nous conduit à la piste une fois que David lui a précisé nos conditions. En fait la piste n'est pas difficile à trouver si on a quelques indications mais personne sur place n'a intérêt à les donner. On suit les traces des gros porteurs sur un sol parfois dur mais la plupart du temps ensablé. On arrive à un poste de contrôle et après c'est le no man's land jusqu'à Daboua poste frontière du Tchad.

 


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