>> 2 Janvier 2004Un voyage au long cours à travers l'Afrique, l'Australie et l'Océanie << 31 Janvier 2005
 

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Journal de KapSud en Australie du Nord (1ère partie)
Auteur kapsud
Source KapSud
Publication du 02/09/2005 pour Internet
Modifi� le 28/07/16
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Arrivé à Ceuta

 

 

Jeudi 14 - Vendredi 15 Octobre
4 heures du matin, il fait encore nuit. Si nous nous levons à une heure aussi indue, c'est pour accueillir les parents de David qui atterrissent au petit matin à l'aéroport de Darwin. Nous sommes tout excités et joyeux à l'idée de retrouver Serge et Jacky qui vont nous accompagner pendant plusieurs semaines dans notre escapade sur le sol australien. Après avoir parcouru ensemble les pistes du Sahara et du Sahel au début de l'année, nous nous retrouvons pour traverser l'Outback sur la fin de notre périple : la boucle est bouclée.

Nous fêtons nos retrouvailles par un petit déjeuner chaleureux agrémenté d'anecdotes exotiques et de nouvelles fraîches de la famille et des amis. Après un repos bien mérité, nous partons récupérer le 4x4 de location. Tandis que Serge et Jacky font connaissance avec leur véhicule, nous bichonnons notre Totoy. Avant de s'attaquer au coeur de l'île continent, nous devons faire peau neuve pour Totoy : vidange, entretien et même de nouveaux pneus. Une fois de plus, cela nous donne l'occasion de découvrir la ville et les gens qui y habitent sous un jour plus "vie quotidienne" qu'une fréquentation sur le thème touristique. Les habitants de Darwin ne dérogent pas à la serviabilité et la cordialité que nous apprécions chez les Australiens. A leur image, Darwin est une ville jeune, cosmopolite détendue et moderne, par la force des choses. Dévastée par les bombardements japonais de la seconde guerre mondiale puis par des cyclones successifs dont le plus fameux rasa la moitié de la ville le jour de Noel 1974, Darwin a fait peau neuve à maintes reprises. En fin de journée nous ne résistons pas à l'appel de la foule au Mindmill Beach Sunset Market. C'est le marché le plus apprécié de la ville. Comme son nom l'indique, il se déroule au moment du coucher du soleil. Les gens arrivent avec tables, chaises, boissons pour assister sur la plage au coucher de l'astre solaire. Puis tout le monde déambule au milieu des étals d'artisanat, de nourriture ou de démonstration de disciplines artistiques diverses. Les effluves appétissants montent dans l'atmosphère. Difficile de résister à tous ses stands aux propositions alléchantes. Les stands asiatiques sont les plus représentés et sont une véritable incitation au voyage. Pendant que nous nous léchons les babines, les groupes de musiques nous divertissent. Le didgeridoo est sans conteste  l'instrument roi de la fête. Créé à partir d'un tronc naturellement évidé par des termites, cet instrument emblématique des peuples aborigènes du Top End émet des vrombissements plus ou moins  graves qui vibrent au plus profond de vos tripes. 

Le lendemain, nous faisons quartier libre, il faut bien se remettre du décalage horaire. Je mets à profit ce temps libre pour travailler sur le site web tandis que David, Serge et Jacky vont se familiariser avec les crocodiles au Crocodilus Park. Ils en reviennent encore hantés par le bruit du claquement terrible des mâchoires du saurien se refermant implacablement sur sa proie. Nous clôturons notre séjour dans la sympathique capitale des territoires du Nord par un repas dans un restaurant qu'on nous a recommandé. Nous y découvrons avec stupeur des huîtres congelées. Heureusement, les australiens sont plus doués pour la convivialité que pour la gastronomie et nous apprécions quand même la soirée animée par deux musiciens manifestement venus pour se faire plaisir.  

 

Samedi 16 octobre
Après avoir faits les pleins, nous partons pour Litchfield Park. La route puis la piste avec beaucoup de poussière  et de nouveau la route. Mais nous avons perdu Serge et Jacky qui roulaient loin derrière nous à cause des nuages de poussière créés par notre passage. Nous les attendons mais en vain. Finalement, nous faisons demi-tour et on se retrouve bien plus loin. Quel début !

 

 

Nous pique-niquons pas très loin pour nous remettre de nos émotions, puis partons pour Wangi Falls. Les chutes superbes tombent dans une piscine circulaire. On cède facilement à la tentation d'une baignade rafraichissante avant d'entammer une promenade agréable dans la forêt humide qui fait le tour des chutes en grimpant ensuite à leur sommet. Nous découvrons ainsi le panorama sur la forêt tropicale àperte de vue. Redescendus à la voiture, nous empruntons une piste toute cabossée jusqu'à Sandy Creek où nous passerons la nuit. 

En attendant, nous suivons le sentier jusqu'aux chutes mais en courant pour tenter de garder la forme. La progression  n'est pas vraiment aisée avec toutes les pierres et les racines qui dépassent du sol. Nous parvenons enfin aux très jolies cascades qui chutent dans une délicieuse piscine naturelle. Sur le retour, l'obscurité gagne du terrain car le jour tombe vite ici. Dans le clair-obscur, Jacky nous fait une frayeur en marchant sur un serpent qui a sûrement dû avoir encore plus peur que nous. Le souper nous donne l'occasion de faire connaissance avec un autre aspect de la faune sauvage : une espèce de rat kangourou attiré par la perspectives de ripailles nocturnes. 

 

 

Dimanche 17 octobre

 


Petit déjeuner en compagnie des mouches, c'est une première pour les parents de David. Nous levons rapidement le camp pour les Rocks Holes, d'étranges trous dans un bassin rocheux qui sert de lit à une rivière. Il y a pas mal de monde au rendez-vous car avec la chaleur qui monte difficile de résister à l'appel d'un bain frais. Il faut cependant prendre garde aux rochers très glissants qui ont occasionné des blessures à plusieurs reprises. Mais au bout de la progression, quelle récompense. Une baignoire à ciel ouvert, dans une nature resplendissante avec même effet jacuzzi à certains endroits.

 

 

Nous descendons ensuite aux Florence Falls. La ballade est impressionnante avec une descente bien aménagée dans la gorge, jusqu'au pied même des chutes. Le bassin circulaire qui accueillent les eaux venues du ciel est immense. Le lieu est très fréquenté, pas mal de monde vient passer le week-end ici pour prendre un bol d'air de nature et de fraîcheur, mais l'atmosphère n'en reste pas moins agréable. Bien sûr, on s'y baigne de nouveau, l'eau est délicieusement fraîche, cette fois-ci de gros poissons nous tiennent compagnie et viennent nous picorer les pieds. Il faut profiter au maximum de la baignade car après c'est la remontée dans la chaleur humide qui nous attend. 

A la sortie du Lichtfield NP, nous traversons des champs de termitières, plates et presque parfaitement alignées. Elles sont très rigolotes au milieu des autres plus classiques. Il s'agit de termitières dites magnétiques. Les termites orientent leur édifice selon un axe nord-sud pour profiter de la chaleur du matin et du soleil de l'après-midi. Elles sont si bien "rangées" qu'on en jurerait que ce sont des constructions humaines. C'est impressionnant.   

 

 

Nous reprenons ensuite la route pour rejoindre le Kakadu NP. Près de trois cents kilomètres à parcourir dans la chaleur de l'après-midi. Nous roulons toute vitre ouverte mais l'air chaud n'arrive pas à nous rafraîchir.  Finalement, nous nous arrêtons aux portes de la réserve naturelle, dans le camping d'un complexe touristique dans lequel chacun peut trouver son bonheur pour une halte reposante. Serge et Jacky testent la piscine tandis que David tape des balles, et moi comme à chaque temps d'arrêt, je travaille.  

 

Lundi 18 octobre


Nous partons à la découverte du plus célèbre parc naturel de l'Australie. Nous commençons par une piste qui nous mène à Red Lily Billabong. De superbes trous d'eau sont éparpillés, garnis d'une nuée de nénuphars blancs et surtout les grands roses qui donnent son nom à ce superbe endroit. Les pandanus bordent les rives abritant une multitude d'oiseaux, canards et gibiers d'eau. Nous découvrons ensuite Alligator Billabong, un très joli campsite au bord de la rivière. On en profite pour faire une pause pique-nique. Pendant ce temps, David, comme tout bon Australien qui se respecte,  taquine le barramundi. Le succès est au bout de la canne à pêche même si le poisson mythique n'est pas au rendez-vous, un de ses congénères s'est laissé prendre à l'hameçon, une espèce de gros poisson chat, que nous relâchons dans l'eau verte de la rivière. 

 

              

 

Nous rejoignons la Arnhem Highway pour rouler jusqu'à Marmukala un important poste d'observation sur les plaines inondables de l'Alliagtor River. Cet espace est un lieu de rendez-vous primordial de beaucoup d'oiseaux migratoires dont la célèbre "magpie goose", une oie sauvage. A cette époque de l'année, ces étendues planes et humides regorgent d'une herbe tendre dont les oiseaux raffolent, il y en a à perte de vue. Nous tentons une promenade qui longe ce territoire mais il fait vraiment trop chaud. Le soleil écrasant a vite raison de notre passion modérée pour les bestioles à plumes. Les kangourous sont quand même au rendez-vous, broutant tranquillement l'herbe des rives à l'abri des regards indiscrets.

 

 

Le parc de Kakadu est non seulement un parc naturel d'une grande richesse mais aussi un témoignage important de la culture aborigène avec les nombreuses peintures rupestres d'une grande valeur. Ubirr en est l'illustration parfaite. Dans un site naturel exceptionnel, les premiers habitants de cette contrée ont depuis des milliers d'années, recouvert les parois rocheuses de différentes peintures représentant des scènes de la vie quotidiennes ou des créations plus spirituelles. A travers ces peintures, le peuple aborigène transmet à ses descendants les us et coutumes, les lois et tabous à respecter , les croyances dans le monde des esprits.

 

 

Nous grimpons peu à peu dans les amas rocheux parsemés de peintures très belles certaines très anciennes et d'autres beaucoup plus récentes, quelques décennies. Des rangers expliquent la signification des dessins. Au sommet de la montagne, le Nadab Lookout dévoile son magnifique panorama à 360 degrés : d'immenses marais verts s'étendent jusqu'à l'horizon alors que la barrière rocheuse d'Arnhem délimite la frontière avec les terres du même nom pour lesquelles un permis est nécessaire pour y rentrer.

 

 

 

Après avoir admiré le soleil couchant, nous partons camper non loin de là dans un site aménagé. La soirée est encore très chaude. A en croire le ranger du campsite, ce n'est rien comparé à ce qu'il adviendra dans quelques semaines. A tel point que le mois de décembre, apogée de la chaleur harassante combinée à l'humidité poisseuse est surnommée le mois du suicide. Sans compter bien sûr les difficultés de circulation dues aux crues brutales des cours d'eau, la prolifération des moustiques et des crocodiles ... une expérience sûrement très intéressante qu'on est très contents d'éviter pour le moment.

 

Mardi 19 Octobre


Des hurlements de dingos nous ont tenu compagnie cette nuit, pas de doute, nous sommes au coeur de la nature sauvage. La journée démarre par la visite d'un autre site rupestre, le rocher de Nourlangie. Il faut encore grimper au coeur des roches pour découvrir les galeries où les artistes se sont exprimés. Cette fois-ci, les peintures sont plus mystiques, plus symboliques. Le cadre est là encore magnifique, une avancée rocheuse dans le terre d'Arnhem, une énorme amas rocheux  rouge, parfois strié d'autres couleurs, flanqué de falaises impressionnantes donnant sur des forêts clairsemées. Un site dont la beauté n'a pu qu'inspirés les différents créateurs au cours du temps. 

 

 

Nous quittons la route pour une piste de tôle ondulée. L'arrêt pique-nique tourne à l'agression caractérisée par les mouches qui jettent leur dévolu sur nos malheureuses personnes. Nous sommes donc très motivés pour reprendre rapidement cette satanée tôle ondulée. Un joli passage à gué précède un portion de piste qui devient de plus en plus dure pour parvenir aux Twin Falls. Nous laissons nos véhicules se reposer dans le parking pour aller prendre une barque menée par un ranger qui nous remonte la splendide gorge aux eaux limpides. Il nous débarque sur la rive en nous montrant le signal d'appel du talkie-walkie pour commander son retour ! On marche à travers les rochers et on arrive enfin sur une plage au pied d'une belle piscine naturelle mais il est fortement déconseillé de s'y baigner, toujours à cause des crocos. Les chutes sont réduites à un mince filet d'eau mais le site n'en reste pas moins spectaculaire. On peut quand même se rafraîchir en prenant une douche impromptue. L'eau est tellement glacée que j'en pousse un cri de surprise qui résonne fortement dans les parois encaissées. Quel délice de s'offrir un répit dans cette chaleur torride !

 

              

 

Nous affrontons de nouveau la piste défoncée pour les Jim Jim Falls, les plus réputées du parc. Bien sûr en cette saison, elles sont à sec mais on ne sait jamais. Encore une marche pour aller découvrir ce site naturel. Le sentier longe le cours d'eau au calme idyllique, entourés de rochers puis de végétation fournie, le cadre en paraitrait idyllique s'il n'y avait de temps en temps ces bruits secs, sourds, qui rappellent les claquements brusques des mâchoires des crocos. Le sentier s'éloigne des rives et devient de plus en plus difficile , de plus en plus de cailloux à contourner, escalader. Puis les cailloux se transforment en gros rochers. Difficile de trouver son chemin dans ce dédale pierreux. Nous débouchons enfin dans une gorge magnifique. Nos nous arrêtons là car de toute façon les cascades sont taries mais David tient à aller jusqu'au bout, juste pour voir.

Après une heure et demie de marche, nous revenons fourbus à la voiture. Encore quelques kilomètres de piste rude et nous retrouvons notre chère tôle ondulée. Je n'apprécie pas vraiment ces épisodes sportifs où nous devons rouler à 90 km/h pour ne pas trop se faire secouer. Après le stress de la concentration sur la conduite, le retour du goudron est un vrai soulagement. Nous arrivons de nuit au Lodge de Cooinda. Nous ne sommes pas seuls, il ne reste que quelques places de libre dans ce camping très fréquenté. 

 

Mercredi 20 Octobre

 

               

Lever à l'aube pour une croisière guidée sur les eaux de la Yellow river.  Nous apercevons enfin la menace invisible jusqu'à présent des crocodiles marins. Experts dans l'art du camouflage, ce reptile surprend par sa rapidité d'action et sa vivacité. Il court plus vite qu'un homme, certes pas longtemps mais encore faut-il pouvoir échapper à ses mâchoires quand il surgit des eaux pour vous attraper alors que vous êtes tranquillement installé en train de pêcher sur la berge. Cet être a une capacité incroyable à disparaitre dans les eaux pour réapparaitre de façon imprévisible là où on ne l'attend pas.

 

 

Les oiseaux sont quand même les représentants les plus nombreux de la faune. Aigle pêcheur, échassier, oiseau aquatique et aussi un adorable mini martin pêcheur d'un bleu éclatant. Les paysages sont eux aussi magnifiques avec la présence constante des nénuphars roses géants, les red lilys. Deux heures d'un pur enchantement. Pour nous remettre de nos émotions, nous nous offrons un copieux petit déjeuner à l'anglaise à l'hotel avant de reprendre la route pour Katherine. 

Edith Falls est le lieu idéal pour faire une halte sur ce long parcours monotone. Mais quand nous descendons de voiture, nous remarquons une tâche noire dessous. C'est un pépin mécanique mais lequel. Pendant que nous préparons le déjeuner tardif, David essaie de diagnostiquer le problème. Au bout d'un bon moment, il trouve la panne : le raccord de la mise à l'air de l'huile du pont arrière s'est sorti, le filetage est fichu, probablement à cause des vibrations. Heureusement qu'on s'en est rendu compte à temps. Le dépannage de fortune réalisé, nous pouvons apprécié le pique-nique sur les pelouses vertes qui précèdent les chutes. Comme souvent, les jolies chutes terminent dans une immense piscine naturelle. Les eaux claires sont pleines de petits poissons attirés par les nombreux baigneurs. Il fait toujours très chaud, alors forcément, il n'y a pas d'autres choix que de plonger dans ce bassin providentiel. Le problème, c'est qu'on ne peut pas y rester éternellement.  

Nous continuons sur Katherine, en bous arrêtant régulièrement pour vérifier notre petit ennui technique. Le temps est très lourd et très menant quand nous arrivons en ville. Aussitôt, on se met en quête d'un garage Toyota pendant que les parents de David font les courses de ravitaillement. On a de la chance car on trouve l'établissement cinq minutes avant la fermeture. Ils ont la pièce en stock, l'affaire est vite réglée. Sur le retour, une averse tropicale déverse ses trombes d'eaux en quelques instant. Ca rafraichit l'atmosphère deux minutes mais après c'est encore pire, on a l'impression d'étouffer. 

Nous poussons jusqu'au camping des Katherine Gorges pour être sur place de bon matin pour visiter à la fraiche. Nous passons la soirée entourés de petits wallabies qui vaquent d'emplacement en emplacement. Très rigolo dans l'obscurité de voir des silhouettes qui sautent de partout. Des éclairs ponctuent la soirée, quelques gouttent tombent mais ça s'arrête là.

 


Jeudi 21 octobre
A la fraiche, nous partons explorer les gorges les plus accessibles. En fait 13 gorges séparées par des rapides composent cette réserve naturelle. Il fait tellement chaud ces temps-ci que les ballades sont fortement déconseillées en pleine journée et interdites si la température prévue dépasse les 40 degrés. Partout des panneaux sensibilisent les marcheurs aux méfaits de la déshydratation et des coups de chaleur. Les incidents sont apparemment fréquents. Pour notre part, nous avons mis tous les atouts de notre côté en partant de bonne heure même si la chaleur est déjà au rendez-vous. La ballade commence par un sentier agréable dans le bush. Petit à petit, nous commençons à grimper dans les hauteurs. De temps en temps, nous avons droits à de beaux points de vue sur la gorge et sa rivière calme et bleue. Puis un immense escarpement rocheux se dresse devant nous. Il faut l'escalader en passant par un escalier taillé à même la roche. La montée est rude. Nous parvenons enfin au point de vue aménagé en plate-forme surplombant le vide. Le panorama est fantastique. La forêt s'étale, immense traversée comme une saignée par la rivière encadrée de falaises de grés rouge.

 

 

Une fois rassasiés de ces spectacles superbes, nous rebroussons chemin. Contrairement à ce que nous pensions la descente du promontoire n'est pas plus appréciable que sa montée mettent à mal nos articulations. au bout du sentier nous entrons dans le centre du visiteur qui offre le double avantage d'une explication du site sur le plan eco-système et culturel dans un air climatisé providentiel. Un dernier café sur la terrasse pour contempler encore une fois ce magnifique panorama et nous repartons pour la petite ville de Katherine. Nous trouvons péniblement un cyber café digne de ce nom puis profitons de la présence de petits magasins de matériel de camping pour faire le plein. 

Nous partons ensuite pour notre grande traversée de l'Outback pour Alice Springs, le centre de l'Australie. 1200 kilomètres d'une longue route rectiligne, essentiellement plate et surtout ennuyeuse. Quelques arrêts ponctuent le parcours. Mataranka est de ceux-là. Une piscine thermale située au beau milieu d'une forêt étrange de palmiers couverts d'une myriade de chauve-souris géantes qui s'envole tous les soirs dans un nuage épais et sombre à l'heure du crépuscule. La promenade au milieu des palmiers à moitié arrachés par les flots tumultueux de la saison des pluies donnent un sensation étrange. Mais quand on arrive aux bassins des sources chaudes aux eaux limpides on ne peut que se féliciter qu'un tel endroit existe. Pour les australiens, c'est aussi l'occasion d'un pèlerinage à une ferme qui a servi de décor d'un film très populaire. 

Nous sommes de nouveau d'attaque pour la route. Larrimah, 20 habitants, est réputée pour une maison de thé où on peut déguster de délicieuses tartes et scones. Pas de chance, elle est fermée, le patron est parti faire des courses, probablement à une centaine de kilomètres alors forcément, il n'est pas prêt de revenir !  Beaucoup plus loin, un croisement, il ne faut pas le rater, il mène à un lieu typique de ce qu'on peut trouver le long de ces routes interminables : le Daly Waters Pub.

 

 

Créé en 1893 il a la réputation d'être le plus vieux pub du territoire du Nord et probablement un des établissements au caractère le plus marqués.  Les murs sont décorés avec toute sorte d'objet abandonnés par leur propriétaire au milieu des photos relatant les débuts de l'aviation dans le pays auquel le pub a contribué en tant que point de ravitaillement. On tombe sur deux soeurs serveuses qui reconnaissent notre accent et s'empressent d'entamer la discussion en nous racontant leur visite de la France l'année dernière pendant plusieurs mois ! Ici, elles n'ont pas l'air de s'ennuyer. Au milieu de nulle part, cet endroit vivant et animé, fréquenté par toute sorte de voyageur pour le travail ou pour le plaisir, représente un vrai concentré de l'Australie profonde. Le camping du pub donne lui aussi pas mal d'occasion de découvrir des scènes typiques des gens du bush, des travailleurs itinérants ou les rares familles installées ici. On se croirait dans un film.


Vendredi 22 octobre

 

 


Le Track, comme on le surnomme ici, est toujours interminable. De temps en temps on croise un véhicule, ou mieux encore un Road Train imposant ensemble pouvant mesurer jusqu'à 50 mètres de long. Il faut bien calculer son coup pour le doubler car une distance de presqu'un kilomètre est nécessaire pour l'opération. Il faut ensuite assurer au point de vue vitesse de croisière car lui ne changera pas sa vitesse bien sûr et rouler avec ce géant des routes collés au basques n'est pas une perspectives des plus rassurantes. Enfin nous arrivons à Tenant Creek . Toujours surprenant de débarquer dans une petite ville avec des commerces des gens dans les rues alors qu'on vient de se taper des kilomètres à n'en plus finir à voir toujours le même paysage de bush de buissons et d'arbres. Là encore, on cherche le garage Toyota car on a vu une fuite d'huile sous le Toy de Serge et Jacky au pique-nique. En fait le bouchon de vidange avait été mal resserré ! Erreur qui aurait pu nous coûter cher au milieu de la pampa. 

 

              

 

 

Devil's Marble est la dernière halte sur notre route. Encore une étrangeté de la nature. Au milieu de pas grand chose, d'une platitude morne,  d'extraordinaires formations rocheuses toutes rondes, certaines comme d'énormes billes, s'empilent dans des amas instables. Quel phénomène bizarre. Une promenade pour mieux découvrir ces roches du diable est l'occasion rêvée de se dégourdir les jambes en contemplant ces curieux paysages. Nous terminons notre longue étape de plus de 700 kilomètres de chaleur et de poussière à Ti-Tree dans un camping pas terrible, asséchés par un brusque vent chaud venu d'on ne sait où.

 

Samedi 23 octobre

Nous arrivons à Alice Springs en fin de matinée. C'est une ville agréable et moderne de 25 000 habitants plantée en plein milieu de ce caillou géant. Il y a moins de cent ans, cette minuscule agglomération ne comptait que 200 habitants depuis, elle a connu un  bel essor, notamment grâce à la desserte par une vraie route goudronnée et par la présence, "à deux pas", du plus célèbre rocher du monde, Ayers Rock. Nous profitons pleinement des attraits de la ville, commerces, restaurants, bars animés, boutiques de souvenirs et d'artisanat. On commence par récupérer le maximum d'informations sur les pistes du désert de Simpson et les permis nécessaires pour le traverser puis on s'offre un bon repas dans une taverne sympathique dans le plus pur style cow-boy. 

Nous tentons ensuite de faire du shopping dans le quartier mais difficile de trouver une toile ou un didgiredoo à un prix abordable. Ici, la culture et l'artisanat aborigène se vend à tour de bras, à des prix incroyables pour les peintures. Les magasins sont tenus par des blancs. Les aborigènes, on les voit dans la rue, dans un bien piteux état la plupart du temps, déambulant comme des naufragés du siècle, imbibés d'alcool ou à la recherche d'une bouteille. Jusqu'à présent, c'est quasiment toujours les mêmes scènes qui se répètent sous nos yeux quand on voit des aborigènes. Des camionnettes de la ville font le tour des galeries commerciales et embarques les plus ivres ou les plus virulents pour "nettoyer" le quartier. On aimerait bien les rencontrer dans un autre contexte, mais à part des excursions touristiques, il y a peu d'occasion d'avoir un contact "normal" avec ces populations. Cela laisse une impression très bizarre et on ne sait pas trop quoi penser du sort des aborigènes à l'heure actuelle en Australie à part une exploitation commerciale incroyable et dont on ne connaît pas les bénéficiaires. 

 

Dimanche 24 octobre

 

 

Nous partons par l'ouest, explorer une magnifique chaîne de montagnes, les MacDonnell Ranges. Larapinta Drive nous mène à la sortie de la ville. Nous nous arrêtons devant un mémorial érigé en souvenir du révérend John Flynn fondateur du RFDS le service des médecins volants les Royal Flying Doctor Service et qui à juste titre représente un des personnages les plus important de l'histoire moderne du pays. Emouvant de savoir comment la persévérance et la détermination d'un homme peut changer la vie et les conditions de vie de milliers de personnes.

 

                   

 

Nous entrons dans la barrière rocheuse. A Simpson Gap, nous pouvons découvrir le formidable spectacle de la force de la nature qui a pu creuser un défilé impressionnant à travers les montagnes. Le lieux est aussi fréquenté par de petits wallabies à pattes noires qu'il est difficile de distinguer parmi les éboulis rocheux. Un peu plus loin, nouvelle halte à Ellery Creek Big Hole où certains n'hésitent pas à se baigner dans son grand trou d'eau permanent réputé glacial. Nous préférons profiter du site pour déjeuner. 

              

Pour découvrir Serpentine Gorge, il faut marcher un bon moment dans le bush puis grimper sur la montagne pour bénéficier d'un joli point de vue sur la petite gorge tortueuse. Ormiston Gorge est la plus grande et la plus sauvage des gorges de la région. Nous marchons d'abord dans le lit à sec de la rivière puis le sentier grimpe en hauteur et continue en surplomb de la gorge. Les paysages sont magnifiques avec l'omniprésence de cette roche rouge. 

Nous faisons l'impasse sur Ellen Gorge mais pas sur son resort à la terrasse duquel nous savourons une bière bien fraîche pour nous remettre de nos efforts. Nous achetons aussi les permis nécessaires pour emprunter la piste de gravier qui nous fait traverser des terres aborigènes dans lesquelles il faut respecter des règles strictes : pas de bivouac, pas le droit de quitter la piste ! 

Nous quittons la route pour une piste de gravier. Les paysages de montagnes sont superbes et Tyler Pass en offre un point de vue fantastique avec en plus le cratère de Gosse Bluff aux environs.

 

Mais c'est une terre sacrée et il est interdit d'y aller sans autorisations spéciales. Nous poursuivons notre chemin pour rejoindre Palm Valley où nous comptons camper. A la bifurcation, nous entrons dans de nouvelles gorges. Des chevaux sauvages détalent devant la voiture. Les falaises rouge sang  dans la lumière du jour déclinant, recouvertes d'herbes pâles offrent un spectacle magnifique de la nature. La piste est plutôt rude et c'est à la nuit tombée que nous nous installons camper dans ce cadre magique au pied d'un ruisseau caché par de hautes herbes. 


Lundi 25 octobre

 

              

Nous reprenons la piste cahoteuse pour arriver au coeur de Palm Valley que nous découvrons à pied. Nous suivons le lit du creek en remontant dans la gorge. Le spectacle est digne des plus belles oasis. Les palmiers dressent fièrement leur tête en bas, entourés des roseaux verts tandis que les cycas se suspendent dans le vide en s'accrochant aux parois rocheuses rouges . On remonte la totalité de la gorge puis le sentier escalade la montagne. Du sommet on surplombe toute la plaine de l'autre côté avec une vue magnifique sur les autres montagnes à l'opposé.

 

              

 

Un des plus beaux trésors que nous avons découvert jusqu'à présent. Fatigués mais comblés après cette longue marche nous reprenons la dure piste pour rebrousser chemin et retrouver la boucle en terre aborigène. 

 

 

Après avoir traversés de belles barrières rocheuses, nous arrivons à King Canyon en plein cagnard. La chaleur est à son comble. Le spectacle de la nature est fantastique mais il ne faut pas oublier les dangers qui l'accompagnent dans ces contrées peu hospitalières. La semaine dernière un couple est mort de soif ici même et en croire les postes d'appel d'urgence, les coups de chaleur sont nombreux. Nous ne tentons pas le diable   et nous nous contentons d'une petite ballade dans le creux de la gorge aux parois parfois abruptes même si les arbres en bas atténuent la perspective. Par contre, nous n'avons pas le courage d'escalader le montagne en face et de s'offrir les vues vertigineuses. 

Dernière étape des MacDonnell, la station de King Creek est un lieu désormais incontournable. Spécialisé dans l'élevage des chameaux la gigantesque ferme s'est forgé une réputation internationale dans le domaine. Maintenant ils exportent leurs bêtes dans le Moyen-Orient car elles sont considérées comme les plus résistantes ! Bien sûr, ils se sont aussi reconvertis dans le tourisme et offrent tout un éventail d'activité de découverte de la région dont une partie à dos de chameaux bien sûr. Nous poursuivons notre parcours pour nous approcher d'Ayers Rock. Au bout d'une centaine de kilomètre nous retrouvons la route principale pour Yulara. Nous nous arrêtons à Curtin Spring, ferme offrant le camping, seules les douches sont payantes. Avec de tels attraits, l'endroit est forcément fréquenté mais ce qui nous préoccupe le plus c'est de trouver un endroit oû on peut s'installer à l'abri des centaines de toutes petites fourmis qui nous attaquent dès qu'on pose le pied par terre. 


Mardi 26 octobre

Dernière ligne droite pour Uluru. Nous traversons de jolis paysages d'étendues de sable rouge recouvertes de végétation sèches et de beaucoup de "chevelus" les desert oak ou chênes du désert qui ont une allure incomparable.

 

 

Soudain, au milieu de cette platitude absolue, surgit l'impressionnant rocher rouge. Nous l'avons en point de mire pendant de nombreux kilomètres. Nous entrons dans le parc national et commençons par visiter le superbe Centre d'information qui raconte l'histoire des lieux. Nous tentons de débusquer une visite guidée en français mais en vain. Nous repartons ensuite pour Yulara, le village touristique des lieux, seul endroit où il est autorisé de dormir dans les alentours. Quelle déception, nous pensions partir dans des recoins reculés et bivouaqué à la belle étoile en contemplant le plus gros monolithe du monde. Au lieu de cela, nous camperons dans un complexe touristique où tout est étudié pour le confort des visiteurs. Mais toujours pas de visite en français. Nous sommes frustrès. Tant pis pour les explications. Nous partons quand même découvrir l'autre curiosité du parc, les monts Olgas ou Kata Tjuta selon leur dénomination officielle. Nous pique-niquons au pied de ces étranges formations rocheuses, des groupes de monolithes plus ou moins grands arrondis par lerrosion. Leur nom signifie "beaucoup de têtes" ce qui leur va très bien vu d'ici. 

              

On retrouve un marcheur belge rencontrés à Katerine accoquinés depuis avec un groupe de jeunes Lillois qui ne voulaient pas le croire quand il racontait qu'il avait trouvé des français qui avait traversé l'AFrique et qui venait en AUstralie avec leur voiture. Quand ils ont vu notre plaque, ils nous ont littéralement sauté dessus ! Eux aussi sont à fond dans leur aventure australienne, avides de découvertes et d'expériences nouvelles. Nous les quittons pour nous ballader au milieu des dômes rouges. Malheureusement, à cause de la chaleur, les sentiers sont fermés aux marcheurs et quiconque outrepassent cette interdiction s'engage à des poursuites. Quand on connait les autorités australiennes, on sait très bien qu'elles ne plaisantent pas avec le sujet. Nous revenons vers Uluru. Le temps brumeux nous empêche d'admirer les nuances des couleurs du rocher. Le tour du rocher est ponctué de grottes et de peintures rupestres du mythe aborigène. Nous découvrons Uluru sous ses nombreuses facettes, nous admirons l'oeuvre du temps qui a sculpté le rocher, des trous, des reliefs des stries des creux des escarpements mais toujours en rondeur, en douceur. Il y a même une petite gorge avec le lit d'une cascade incrusté dans la roche. On s'en éloigne pour admirer le coucher du soleil depuis un parking aménagé. Beaucoup de personnes sont installées, pas mal avec un verre de vin ou de champagne à la main. Malheureusement, le temps est couvert et le coucher du soleil reste invisible tout comme ses effets d'éclairage spectaculaires sur le rocher. Pas grave, on se rattrapera demain pour le lever du soleil !

 


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