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Le journal de KapSud au Tchad
Auteur kapsud
Source KapSud
Publication du 19/04/2004 pour Internet
Modifi� le 28/07/16
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Arrivé à Ceuta

 

Vendredi 12 Mars

Nous traversons le no man's land, la piste est belle et les paysages superbes. Le temps clair nous permet de d'admirer l'horizon, on a même à plusieurs reprises la chance de surprendre des gazelles. Et pourtant, avant l'arrivée sur Daboua, nous sommes plutôt anxieux de ce qui nous attend. Les témoignages qu'on a eus jusqu'à présent ne sont pas très encourageant : tentative d'extorsion d'argent, rétention de papiers, ou même violence physique comme Chantal et Lulu qui en ont subi les frais l'année dernière auprès des militaires. Bref c'est avec pas mal d'appréhension qu'on arrive au poste frontière de Daboua. 

On nous ouvre la barrière, les hostilités peuvent commencer. Nous devons passer par 4 cahuttes différentes avec chaque fois des fiches à remplir ou des informations à compléter et même des photos à donner pour accomplir les formalités sachant qu'on doit terminer avec les douanes à Bol. Finalement les formalités se sont déroulées sans anicroche, pas particulièrement sympathique, mais pas antipathique non plus. C'est donc soulagé qu'on poursuit notre chemin dans ces étendues désertiques. Au bout d'un moment, on s'aperçoit qu'on se rapproche de plus en plus de Rig Rig : on a du rater l'embranchement qui mène directement à Bol. David ne veut pas faire demi-tour car il y a pas mal de distance à parcourir, la piste est très ensablée et on doit faire attention à la consommation de carburant. On ne souhaite pas non plus couper au cap, car on peut tomber sur un camp militaire ce qu'on veut éviter absolument. Donc on continue en espérant trouver une autre piste. 

Mais on ne trouve rien d'autre et on débarque à Rig Rig où on subit un accueil plutôt accrocheur : le policier qui ne veut pas rendre les passeports sans argent, les enfants qui s'aggrippent à la voiture et on est obligé de marchander pour nous indiquer la piste vers Liwa : Rien n'est gratuit ici. Donc, si vous ratez le fameux embranchement après Daboua, vous finirez à Rig Rig comme nous : soyez attentifs ! 

Une fois remis sur la bonne voie, nous nous laissons bercer par la conduite sur le sable. La piste est très ensablée et vraiment très belle. Arrivés à Liwa on est de nouveau obligé de se faire aider pour trouver la suite de la piste vers Bol. Heureusement pour nous, il se trouve qu'un infirmier a besoin d'aller à Bol, du coup on l'embarque et il nous montre la piste qui n'est pas non plus dure à trouver si quelqu'un de bonne volonté voulait bien donner des indications. Les paysages sont toujours superbes. On voit de temps en temps un village protégé derrière sa barrière d'acacias. Mais une petite cuvette et hop on se retrouve planté. Je pousse mais rien n'y fait, David est obligé d'aller cherche les plaques sur la gallerie puis on sort les plaques tandis que le passager s'installe à l'ombre tranquillement !

 


0n repart quand même assez vite. La piste devient très sinueuse et cahotante. On alterne entre la piste des voitures et celle des gros porteurs pour se faire secouer le moins possible. La piste de sable se transforme en une piste de latérite horrible avec des trous béants et des tranchées de fech fech, on se fait secouer de partout. Au fur et à mesure qu'on se rapproche de Bol, on croise ou double de plus en plus de cavaliers et chameliers sur la piste. Peu avant la ville, à notre grande surprise, nous découvrons d'immenses étendues d'un vert éclatant. Ce sont des polders irrigués avec l'eau des bras du lac qui forment des jardins maraîchers et de vastes champs de blé ou de canne à sucre.

On dépose notre infirmier à qui on soutire la possibilité de dormir dans l'enceinte de l'hôpital. Avant tout on doit d'abord essayer d'en finir avec les douanes mais c'est la fin d'après midi et elles sont fermées. On retourne à l'hôpital mais le gardien ne compte pas nous laisser y camper : "ici, il n'y a a pas d'hygiène" ! Il préfère nous conduire ailleurs dans une cour fermée où vivent plusieurs familles dont le chef est un jeune homme appelé Adoum. Beaucoup de monde vient nous voir pour discuter mais ce n'est pas dans l'excitation, tout se passe tranquillement. Nous dinons avec notre hôte qui nous raconte un peu sa vie ici. Il doit subvenir aux besoins de sa famille depuis que son père est décédé, c'est à dire, les quatre femmes de son père et les trente trois enfants non mariés qui vivent ici. Il nous fait part aussi de ses projets, de ses espoirs de changer un peu les mentalités pour éliminer les problèmes liés à la pauvreté. Il est très conscient des défauts de la société tchadienne et de la nôtre. Nous passons une soirée très agréable et très enrichissante.


Samedi 13 Mars

Nous nous levons tôt pour terminer les formalités liées à la voiture. Mais en chemin nous tombons sur des hommes en civil qui nous ordonnent de les suivre jusqu'au domicile de l'un d'eux pour faire les formalités de police. On ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé, on se retrouve ensuite à la gendarmerie où on refait le même circuit qu'à la frontière. Les officiers s'avèrent courtois et mêmes sympathiques pour certains. On ramène notre policier et on se dépêche de partir avant que quelqu'un ne change d'avis.

La piste est devenue très difficile, elle est criblée de nids de poules, de trous plus ou moins abrupts avec du fech fech qui nous crépit à de nombreuses occasions. Mais le spectacle des paysages est à la mesure des efforts fournis. Il y a de nombreuses oasis avec très souvent des troupeaux de zébus à grosses cornes qui cherchent leur maigre pitance. La plupart des gens que nous croisons sur le bord de la route nous font souvent de grands saluts ou nous accueillent avec des regards chaleureux. 

 

 

A Massakory, l'état de la piste s'améliore sensiblement et c'est avec délectation que nous trouvons un goudron impeccable à Massaguet. Nous croisons de nombreux camions sur lesquels les gens s'agglutinent comme ils peuvent pour voyager. Il fait de plus en plus chaud. Nous arrivons à N'Djamena en milieu d'après midi ce qui nous laisse de la marge pour trouver notre lieu de séjour. On n'a pas de plan mais on se débrouille quand même à trouver le Novotel où nous comptons camper le temps d'obtenir les visas du Cameroun. Nous nous installons au fond d'un parking ombragé, bénéficiant des toilettes et de la douche du personnel qui soit dit en passant est dans un état lamentable. C'est quand même honteux qu'un établissement où la chambre est à plus de 150 euros la nuit, ne construise pas des sanitaires décents pour ses employés. Nous on peut se débrouiller autrement et on utilise les équipements du pool house. 

Dimanche 14 au Lundi 15 Mars

On se repose un peu, grasse matinée et visite du grand marché de la capitale. Et bien sûr, travail sur le site web tandis que David fait la lessive ce qui doit étonner plus d'un de nos voisins.

Le lundi, les activités reprennent. D'abord on commence par se fâcher. A l'hotel ils nous on dit qu'on devait se faire enregistrer à la police (encore !) mais qu'il s'en chargeait quand le policier viendrait. Ce matin, ils nous annoncent que ça fera 10 000 CFA. On n'est pas d'accord et on récupère nos passeports pour faire les démarches nous mêmes en espérant que cela ne nous reviendra pas plus cher. 

On va d'abord dans une banque pour changer de l'argent mais en fait on trouve à l'extérieur un intéressé avec qui on traite rapidement et sans commission bien sûr. On s'occupe ensuite de l'assurance de la voiture. Avant de demander nos visas pour le Cameroun nous devons être en règle avec les autorités et nous enregistrer à la police. Nous trouvons enfin, l'édifice approprié. Au final, malgré les attentes et les allers retours pour rechercher des documents de l'hôtel, tout s'est bien passé et on n'a rien déboursé, on peut enfin filer vers l'ambassade du Cameroun pour soumettre notre demande de visa. On passe la fin de l'après midi à rechercher une banque depuis laquelle on peut retirer de l'argent avec une carte bleue et on se rapatrie dans notre aire de camping

Mardi 16 Mars

On termine les transactions pour récupérer notre argent retiré avec la carte bleue (et oui ici c'est en plusieurs épisodes). Je fais la mise à jour du site dans un des rares cybercafés tandis que David part récupérer les passeports avec les visas du Cameroun et faire le ravitaillement. Plus de deux heures sont nécessaires pour la mise à jour et encore je suis passée à travers des coupures électriques mais pas des plantages du serveur !  

En début d'aprés midi, nous sommes prêt pour affronter la sortie du territoire tchadien. Nous roulons jusqu'au pont de Kousséri . Aux douanes, nous faisons tamponner le Carnet de passage en douane assez vite. Par contre pour le reste. On démarre par la police. Tout se passe bien jusqu'au moment où il fait mine de rendre nos passeports en demandant 30 000 CFA par passeport pour les formalités de sortie. Devant notre refus de payer il s'en réferre au chef qui nous tient le même discours évidemment. Nous campons sur nos positions. Il faut attendre. David s'assoit en plein soleil. Ca doit les impressionner car au bout d'une grosse demi-heure, le policier revient avec nos passeports visés en sortie. Au bureau d'après, c'est la gendarmerie et tout se passe normalement. On s'apprête à traverser le pont quand des hommes en civil nous arrêtent pour contrôler les passeports. Il manque le OK de je ne sais plus qui. Je pars au bureau correspondant pour rectifier la situation. C'est un simple et minuscule gribouilli que je suis venue chercher. Ce coup-ci, c'est le bon et on peut traverser le pont après s'être acquitté du droit de péage. 

En roulant sur cet édifice qui nous mène au Cameroun notre sentiment est mitigé. Nous avons beaucoup aimé le Tchad pour ses paysages et on aurait bien aimé bivouaquer pour avoir plus de contact avec la population. Mais les tracasseries avec les autorités sont assez pénibles et on a jamais été très à l'aise dans ces situations. Une chose est sûre si ça s'améliore, on reviendra.  

 

 


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